Faites l'expérience la prochaine fois que vous passerez devant une grande porte de médina : regardez le haut de l'arc. Vous remarquerez que sa courbe ne s'arrête pas à un demi-cercle. Elle continue, se resserre vers le bas, comme un fer à cheval. Ce détail, que l'on voit sans le voir depuis l'enfance, porte un nom : l'arc outrepassé. Et il suffit de savoir le reconnaître pour lire autrement toute l'architecture marocaine.
Qu'est-ce qu'un arc outrepassé ?
Un arc en plein cintre, comme ceux des aqueducs romains, dessine un demi-cercle parfait. L'arc outrepassé, lui, « dépasse » ce demi-cercle : sa courbe se prolonge au-delà, si bien que l'ouverture est plus étroite à la base qu'à mi-hauteur. D'où son surnom d'arc en fer à cheval.
Les principales variantes
- L'arc outrepassé en plein cintre : la courbe est arrondie et régulière.
- L'arc outrepassé brisé : les deux courbes se rejoignent en pointe au sommet. C'est une forme très présente au Maghreb.
- L'arc polylobé : son contour est découpé en petits lobes, comme une dentelle de pierre ou de plâtre.
- L'arc lambrequin : un dessin plus complexe, fait de courbes et de petits angles, que l'on admire dans certains monuments almohades et mérinides.
Une forme venue de loin
Contrairement à une idée répandue, l'arc outrepassé n'a pas été inventé par les bâtisseurs musulmans. On le trouve déjà dans des édifices plus anciens, notamment dans l'Espagne wisigothique. Mais ce sont les architectes de l'époque omeyyade, à Cordoue, qui l'ont porté à un degré de raffinement exceptionnel, en particulier dans la Grande Mosquée.
De là, il a traversé le détroit. Sous les dynasties almoravide, almohade puis mérinide, l'Occident musulman a développé un vocabulaire architectural commun entre al-Andalus et le Maroc, dans lequel l'arc outrepassé tient une place centrale.
Lire une grande porte de médina
Les portes monumentales, les bab, sont l'endroit idéal pour s'entraîner à lire cette architecture. Voici les éléments à repérer :
- L'arc lui-même, souvent outrepassé et parfois brisé.
- Les bandeaux concentriques qui soulignent sa courbe, comme des vagues autour d'une ouverture.
- Les écoinçons, ces surfaces triangulaires entre l'arc et le cadre, souvent couvertes de décor végétal ou géométrique.
- L'alfiz, le cadre rectangulaire qui entoure l'arc. Un terme hérité de l'arabe, très utilisé pour décrire l'architecture andalouse.
- Les inscriptions, parfois en écriture coufique ou cursive, qui courent le long du cadre.
Quelques portes célèbres
Bab Agnaou, à Marrakech, date de l'époque almohade. Son arc, entouré de bandeaux de pierre sculptée, est l'un des plus admirés de la ville. Bab Mansour, à Meknès, est l'une des portes les plus monumentales du Maroc, associée au règne de Moulay Ismaïl et achevée sous l'un de ses fils et successeurs ; elle est couverte de zellige et de décor géométrique. À Rabat, Bab Oudaya marque l'entrée de la kasbah. À Fès, Bab Boujloud, plus récente puisqu'elle date du début du XXᵉ siècle, est célèbre pour ses carreaux bleus côté extérieur et verts côté intérieur.
Pourquoi cette forme nous séduit
L'arc outrepassé a quelque chose d'enveloppant. En se refermant légèrement à la base, il donne l'impression d'une porte qui accueille et protège à la fois. Il crée aussi un jeu d'ombre et de lumière très graphique, que les photographes adorent. Dans les intérieurs marocains, on le retrouve sur les niches, les fenêtres, les miroirs, et jusque dans le mobilier.
Retrouver l'architecture dans un bijou
Un arc, une coupole, une lanterne : ces formes architecturales se prêtent étonnamment bien à la joaillerie, parce qu'elles reposent sur la symétrie et le jeu des volumes. Nous avons déjà évoqué, dans un autre article, ces bijoux inspirés de l'architecture marocaine ; ici, regardons-les avec l'œil que l'on vient d'exercer sur les portes.
- Le Collier Qobba en Or 18K, à partir de 7599 DH, tire son nom de la qobba, la coupole qui couronne de nombreux monuments. Observez sa silhouette comme vous observeriez un sommet d'arc.
- Le Collier Fanous en Or 18K, à partir de 42599 DH, évoque la lanterne traditionnelle, le fanous, dont les ouvertures découpées reprennent souvent les courbes de l'arc.
- Le Collier Andalous en Or 18K, à partir de 60000 DH, rend hommage à cet héritage andalou que partagent le Maroc et l'Espagne, celui-là même qui a fait de l'arc outrepassé un emblème.
Petit exercice pour votre prochaine promenade
La prochaine fois que vous franchirez une porte de médina, arrêtez-vous une minute. Repérez l'arc, son outrepassement, les bandeaux, l'alfiz, les écoinçons. Puis regardez les fenêtres, les fontaines et les niches autour de vous : vous retrouverez la même forme partout, déclinée à l'infini.
Une architecture à porter
L'arc outrepassé raconte des siècles d'échanges entre les deux rives de la Méditerranée. Le porter en bijou, c'est garder près de soi un peu de cette élégance architecturale. Si vous rêvez d'une pièce inspirée de votre porte préférée ou du riad de votre famille, notre atelier de Casablanca peut l'imaginer avec vous en sur-mesure. Écrivez-nous sur WhatsApp pour en parler.

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