Un mariage, une jolie robe, un compliment un peu trop appuyé… et aussitôt une tante lève la main, doigts écartés : « Khamsa fi 3ainek ! », « cinq dans ton œil ». Le geste fait sourire, mais il dit beaucoup. Pendant des siècles, au Maroc comme dans tout le Maghreb, les bijoux ont porté des motifs auxquels la tradition attribuait un rôle protecteur, notamment contre l3in, le mauvais œil. Petit tour d'horizon de sept d'entre eux.
À lire avant de commencer : nous présentons ici des croyances et des usages traditionnels, pas des propriétés réelles. Un bijou ne protège de rien ; il peut en revanche porter une histoire, une mémoire et beaucoup d'affection.
1. La khamsa, la main aux cinq doigts
C'est l'amulette la plus célèbre. Son nom vient simplement de l'arabe khamsa, « cinq » ; au Maroc, on dit souvent khmissa. La main ouverte est traditionnellement considérée comme une protection contre le mauvais œil.
Deux précisions intéressantes :
- L'appellation « main de Fatma », si répandue en français, a surtout été popularisée par les Européens à l'époque coloniale ; elle était rare dans l'usage ancien.
- La main est un symbole partagé : on la retrouve chez les musulmans comme chez les juifs du Maghreb, qui l'appellent parfois « main de Myriam ». Les historiens évoquent aussi des précédents bien plus anciens au Proche-Orient.
2. Le chiffre cinq lui-même
Avec le temps, le nombre cinq a en quelque sorte absorbé la valeur de la main. Cinq pendeloques, cinq points, cinq cabochons : sur certains bijoux, la main n'est plus dessinée, mais le chiffre est là. D'où l'expression « khamsa » employée seule, comme une formule.
3. Le poisson, l7out
Le poisson est traditionnellement associé à la fertilité et à l'abondance. Une tradition rapportée dans les textes juifs explique que les poissons, recouverts par les eaux, échappent au mauvais œil. On le trouve en pendeloque, gravé ou découpé dans l'argent. Nuance : le poisson est particulièrement présent dans le bijou tunisien ; au Maroc, il apparaît aussi, mais de manière moins systématique que la khamsa.
4. L'œil
Pour « renvoyer » le regard envieux, rien de tel, dit la tradition, qu'un autre œil. Dans l'art amazigh, il prend rarement la forme réaliste de l'œil bleu méditerranéen : on le devine plutôt dans des losanges centrés d'un point, dans des cercles gravés ou dans les motifs de points des tatouages, parfois appelés « œil de perdrix ». Certaines lectures voient aussi un œil dans les cabochons ronds sertis au centre des bijoux, sans que cela soit attesté partout.
5. Le losange
Formé de deux triangles, le losange est l'un des motifs les plus fréquents des tatouages, tapis et bijoux amazighs. Il est souvent décrit comme un motif traditionnellement considéré comme protecteur, et parfois associé au féminin. Comme toujours dans l'art amazigh, son sens varie selon les régions.
C'est cette géométrie que nous avons reprise dans le Collier Trèfle Tribale en or 18K : quatre losanges réunis autour d'une pierre centrale, comme un clin d'œil moderne aux motifs que l'on se transmettait pour se souhaiter chance et harmonie.
6. Le hirz, l'étui à amulette
Moins connu du grand public, le hirz (ou herz) est un petit étui en argent, parfois niellé ou émaillé, porté en pendentif. On y glissait traditionnellement un écrit, souvent une prière ou une formule. Le bijou devenait alors un objet très personnel, presque un secret porté sur soi.
7. Le croissant et les astres
Croissants de lune, étoiles et petits soleils apparaissent sur les bracelets, les pendentifs et dans les tatouages. Ces motifs cosmiques sont fréquemment associés à la fécondité et à la prospérité dans les interprétations recueillies, mais là encore, sans règle unique.
Et les matières ?
La tradition ne s'arrêtait pas aux formes. Le corail rouge, l'ambre, l'argent lui-même passaient pour bénéfiques. Le Musée Pierre Bergé des arts berbères parle de « vertus prophylactiques » prêtées aux matières et aux formes : une croyance répandue, que l'on peut apprécier comme un patrimoine culturel, sans y voir une propriété avérée.
Porter ces motifs aujourd'hui
- Pour le sens : offrir un motif traditionnel à une naissance, un mariage ou un départ, c'est transmettre un vœu, une affection.
- Pour l'esthétique : ces formes graphiques s'accordent très bien avec une garde-robe contemporaine.
- Pour la mémoire : beaucoup d'entre nous ont une khmissa de grand-mère dans un tiroir. Pourquoi ne pas la porter, ou s'en inspirer pour une pièce nouvelle ?
Explorez notre collection Amazigh, où les motifs traditionnels sont réinterprétés en or 18 carats. Et si vous souhaitez faire naître une amulette personnelle, avec un motif, une initiale ou un mot qui compte pour vous, contactez l'atelier sur WhatsApp pour une création sur-mesure.

0 commentaire