Khlala et épingles : comment nos grands-mères attachaient leur drapé, et la khlala revisitée aujourd'hui

Boucles Khlala en or 18 carats inspirées de la fibule amazighe, pendentifs ajourés sur petits anneaux, Azor Jewelry

Ce matin, peut-être avez-vous fixé un foulard avec une épingle, ou agrafé un châle avec une broche avant de sortir. Un geste banal. Pourtant, il y a encore deux ou trois générations, ce même geste se faisait au Maroc avec des bijoux d'argent souvent magnifiques, parfois grands comme une main : les khlala. Le mot est resté dans la langue, les objets dorment dans les coffres de famille. Racontons-les autrement que par leur symbolique : par leur usage.

Un mot, plusieurs noms

En arabe marocain, on parle de khellala ou khlala (on rencontre aussi bzima ou katfiya, ce dernier mot évoquant l'épaule, ktef). En tamazight, les noms changent selon les régions : tazerzit dans le Souss, tisighnast (« l'épingle ») dans le Rif et dans de nombreux parlers amazighs, afzim en Kabylie. Derrière cette diversité, une même famille d'objets : la fibule, une épingle associée à un anneau ou à une plaque décorative, héritière d'un usage très ancien autour de la Méditerranée.

(Nous avons déjà consacré un article à l'histoire et aux symboles de la tazerzit du Souss. Ici, on s'intéresse au geste.)

Comment se portaient les khlala ?

Par paires, sur les épaules

Le vêtement traditionnel de nombreuses femmes rurales était une grande pièce de tissu rectangulaire, non cousue, drapée autour du corps. Pour la tenir, on utilisait généralement deux fibules, une sur chaque épaule, piquées dans l'étoffe, la pointe de l'épingle tournée vers le haut.

Reliées par une chaîne

Souvent, les deux fibules étaient reliées par une chaîne accrochée à leur tête, qui retombait sur la poitrine. Au milieu, on suspendait parfois une boîte, des pendeloques, des perles de corail ou d'ambre. Le dispositif devenait alors un véritable plastron.

Toutes les tailles

Les plus grandes khlala étaient surtout décoratives, les moyennes servaient d'épingles au quotidien, et les plus petites pouvaient être glissées dans les tresses ou portées sur le front. Le nom chleuh tazarzit pourrait d'ailleurs venir d'un mot signifiant « cheveux », justement en raison de cet usage dans la coiffure.

Et le haïk ? Et la handira ? Ce qu'il faut nuancer

On lit souvent que les grands-mères « attachaient leur haïk avec une khlala ». C'est en partie vrai, mais il faut distinguer :

  • Le haïk, grand voile blanc ou crème qui enveloppait tout le corps en ville, a connu plusieurs façons de se porter selon les époques et les villes. Les sources historiques mentionnent des fibules ou des épingles pour le fixer, mais aussi des façons plus simples de le draper, retenu sous le menton ou à la main. Toutes les femmes en haïk ne portaient donc pas de khlala.
  • La handira, étoffe de laine tissée du Moyen Atlas, souvent associée au trousseau de la mariée, se portait plutôt nouée autour du cou, comme une cape. Elle n'était pas forcément épinglée.
  • Le drapé rural (la grande pièce de tissu portée au quotidien dans les régions amazighes) est celui qui était le plus systématiquement fixé aux épaules par une paire de fibules.

Bref : la khlala était surtout l'alliée du drapé amazigh, plus que celle du haïk citadin. Une nuance qui n'enlève rien à la poésie du souvenir.

Pourquoi la khlala a disparu des épaules

Avec la généralisation des vêtements cousus, de la djellaba moderne et des tissus industriels, l'épingle extérieure est devenue inutile. Les khlala ont rejoint les coffres, les vitrines de musée ou les étals des antiquaires. Certaines familles les ressortent encore pour les mariages ou les fêtes amazighes.

La khlala revisitée aujourd'hui

Ce qui reste, c'est une silhouette : un anneau, une pointe, une plaque ajourée. Une forme si forte qu'elle fonctionne même détachée de sa fonction.

À l'oreille

Nos Boucles Khlala en or 18K reprennent la forme de la khlala dans des pendentifs ajourés, montés sur de petits anneaux polis. La délicatesse d'une boucle, la puissance d'un motif ancien.

En broche

Bonne nouvelle pour les nostalgiques : la broche fait son grand retour cet automne-hiver selon les blogs mode. Une broche sur un revers de veste, un caftan ou un châle, c'est le geste de la khlala qui revient. Découvrez notre sélection de broches et boutons de manchettes.

Avec une khlala de famille

Vous avez hérité d'une khlala ? Portez-la en broche sur un manteau de laine, ou demandez à un artisan s'il est possible de la monter en pendentif. Un objet qui dormait reprend vie.

Un geste qui traverse le temps

Fixer un tissu sur son épaule, c'était autrefois un geste du quotidien. Aujourd'hui, c'est un clin d'œil à toutes les femmes qui nous ont précédées. Parcourez notre collection Amazigh pour d'autres motifs hérités, ou contactez l'atelier sur WhatsApp pour imaginer une pièce sur-mesure inspirée de la khlala de votre famille.

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