Lalla Aïcha à Tanger, avril 1947 : le discours d'une princesse qui a marqué l'histoire des femmes marocaines

Broche Carte du Maroc en Or 18K

Elle n'avait pas encore dix-sept ans. Le 11 avril 1947, à Tanger, une jeune fille se lève devant une assistance composée en grande partie d'hommes, d'étudiants et de lettrés. Elle ne porte pas le voile traditionnel. Elle prend la parole pour défendre une idée qui, à l'époque, n'allait pas de soi : les filles marocaines doivent aller à l'école. Cette jeune fille, c'est la princesse Lalla Aïcha, fille du sultan Sidi Mohammed ben Youssef, le futur roi Mohammed V.

Le contexte : un voyage sous haute tension

En 1947, le Maroc est sous protectorat, et Tanger a un statut de zone internationale. Le voyage du sultan dans cette ville, à travers le nord du pays, est un acte politique fort.

Quelques jours avant le départ, le 7 avril 1947, Casablanca est le théâtre de violences sanglantes qui font de nombreuses victimes dans la population marocaine. Le sultan rend visite aux familles endeuillées, puis maintient son voyage. Il arrive à Tanger le 9 avril 1947 et y prononce un discours resté dans l'histoire, dans lequel il affirme les droits du peuple marocain et l'attachement du pays à son identité. Ce discours est considéré comme l'un des grands jalons du chemin vers l'indépendance.

Le 11 avril : la parole à une jeune fille

Deux jours après l'arrivée du sultan, c'est au tour de sa fille de s'exprimer publiquement. Son message tient en quelques idées simples et puissantes :

  • L'instruction des filles : elle appelle les familles à scolariser leurs filles, comme son père l'a fait pour elle, en lui faisant apprendre l'arabe et des langues étrangères.
  • La place des femmes dans la nation : pour elle, l'émancipation du pays passe aussi par celle de ses femmes.
  • La renaissance du Maroc : son discours s'inscrit dans l'élan national porté par le voyage de son père.

Le fait qu'elle apparaisse sans le voile traditionnel, avec le soutien du sultan, frappe les esprits autant que ses mots. Pour une partie de l'assistance, c'est un choc. Pour beaucoup de jeunes Marocaines, c'est une promesse.

Pourquoi ce discours compte encore

On raconte souvent l'histoire de l'indépendance à travers les hommes politiques et les résistants. Le discours de Lalla Aïcha rappelle que les femmes étaient aussi au cœur du projet national. En plaçant l'éducation des filles au centre, elle a donné un visage à une aspiration partagée par de nombreuses familles.

Beaucoup de grands-mères marocaines ont grandi dans ce sillage : les premières de leur famille à savoir lire, à passer un examen, à exercer un métier. Leurs petites-filles sont aujourd'hui médecins, ingénieures, avocates, cheffes d'entreprise.

Une vie au service du pays

Après l'indépendance, Lalla Aïcha poursuit son engagement :

  • elle est la première présidente de l'Entraide nationale, en 1956 ;
  • elle représente le Maroc comme ambassadrice au Royaume-Uni, puis en Grèce et en Italie, dans les années 1960 et 1970 ;
  • elle devient présidente d'honneur de l'Union nationale des femmes marocaines, de 1969 jusqu'à sa disparition.

Elle s'éteint à Rabat en 2011.

Porter la mémoire

Avril 1947, novembre 1955, novembre 1975 : l'automne et le printemps marocains sont jalonnés de dates qui ont façonné le pays. En cette période de la Marche Verte et de la fête de l'Indépendance, beaucoup de Marocaines aiment porter un bijou qui dit leur attachement.

La Broche Carte du Maroc en Or 18K (à partir de 1 499 DH) se porte au revers d'une veste ou d'un caftan, comme un hommage discret. Le Collier Maghribino en Or 18K (à partir de 4 590 DH) affirme cette fierté au quotidien. Les deux pièces font partie de notre collection Rouh Al Maghrib.

Un cadeau pour celles qui ouvrent la voie

Une fille qui obtient son bac, une mère qui reprend ses études, une grand-mère qui a été la première à aller à l'école : chacune mérite un bijou qui raconte son histoire. Notre atelier de Casablanca peut graver une date ou un mot sur la pièce de votre choix ; écrivez-nous via le bouton WhatsApp de l'atelier.

0 commentaire

Laisser un commentaire

Veuillez noter que les commentaires doivent être approuvés avant leur publication.