Trois heures du matin, dans une ruelle de l'ancienne médina de Rabat. Tout dort, sauf un homme en jellaba et tarbouche qui porte à ses lèvres une longue trompette. Une note grave, longue, presque plaintive, rebondit sur les murs. Derrière les fenêtres, les lumières s'allument une à une : c'est l'heure du shour, le dernier repas avant l'aube. Le nafar vient de passer. À l'heure des alarmes de smartphone, ce veilleur de la nuit du Ramadan continue d'exister, dans quelques médinas, et il mérite qu'on raconte son histoire.
Qui est le nafar ?
En darija, le mot nafar (ou neffar) désigne à la fois l'instrument, une longue trompette, et l'homme qui en joue. Son rôle est simple : pendant tout le mois de Ramadan, il parcourt les ruelles ou monte sur un minaret au cœur de la nuit pour réveiller les habitants avant l'aube, afin qu'ils puissent prendre le shour avant de commencer le jeûne.
Ce travail est saisonnier : il commence avec l'observation du croissant de lune qui annonce le Ramadan, et s'arrête lorsque l'Aïd al-Fitr est annoncé.
Un instrument, plusieurs figures
Selon les villes et les quartiers, le réveilleur du Ramadan prend des visages différents :
- Le nafar à la trompette : la figure la plus connue, présente notamment dans les vieilles médinas comme celle de Rabat.
- Le ghayat : à Taroudant, le réveilleur est appelé ainsi, un nom qui rappelle la ghaïta, le hautbois traditionnel. La presse marocaine a raconté en 2026 comment certains continuent de monter chaque nuit au minaret pour jouer.
- Le tambour : dans certaines villes, c'est le rythme d'un tambour qui sert d'appel, selon les usages locaux.
Dans le reste du monde arabe, on retrouve un personnage équivalent, appelé mesaharati en Égypte et au Proche-Orient. Le Maroc a simplement donné à ce veilleur ses propres instruments et ses propres mélodies.
Comment le remercie-t-on ?
Le nafar n'est pas payé par une institution. Ce sont les habitants qui le remercient, au fil du mois ou en fin de Ramadan : un peu d'argent, du sucre, de la nourriture, des gâteaux. Les nafars interrogés par la presse disent souvent faire ce travail avant tout par piété et par attachement au quartier, plus que pour la rétribution.
Une tradition qui s'efface ?
Avec les réveils électroniques et l'urbanisation, le nafar est devenu rare. Dans les quartiers modernes, certains habitants préfèrent le silence de la nuit. Pourtant, dans quelques médinas, de Rabat à Taroudant, la tradition résiste. Associations et habitants y voient un patrimoine vivant, à protéger comme on protège un monument : il fait partie de la bande-son de l'enfance de nombreux Marocains.
Pour beaucoup de Marocains du monde, le souvenir du nafar est aussi l'un des plus émouvants du Ramadan « au bled » : la note de trompette dans la nuit, le grand-père qui se lève le premier, l'odeur du msemen chaud, les verres de thé posés sur la table basse.
Ce que le nafar nous rappelle
Le nafar ne travaille que la nuit, et pourtant tout le quartier le connaît. Il incarne une idée très marocaine : on ne laisse personne seul face au jeûne, et chacun veille sur l'autre. C'est aussi ce que l'on cherche à dire en offrant un bijou pendant le Ramadan : « je pense à toi ».
Quelques pièces qui évoquent ces nuits sous le croissant de lune :
- Le Collier Nejma en Or 18K, à partir de 2490 DH, de la collection Rouh Al Maghrib : l'étoile des nuits de Ramadan, et celle du drapeau.
- Les Boucles Lune en Or 18K, à partir de 1699 DH, pour un clin d'œil discret au croissant qui ouvre et ferme le mois sacré.
En conclusion
Le Ramadan 2027 est attendu vers le 8 ou 9 février 2027, sous réserve de l'observation du croissant lunaire. Si vous pensez déjà à un bijou à offrir pour l'occasion, ou pour l'Aïd qui suivra, découvrez la collection Rouh Al Maghrib, ou contactez notre atelier de Casablanca via WhatsApp : une pièce gravée demande un peu de temps, et mieux vaut s'y prendre avant que le nafar ne reprenne sa ronde.

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