Vous avez sûrement déjà posé la main sur un mur de zellige, dans un riad, une médersa ou simplement dans le salon d'une tante. Frais, légèrement irrégulier, chatoyant. Et peut-être vous êtes-vous demandé comment des milliers de petites pièces pouvaient former des étoiles aussi parfaites, sans qu'aucune ne dépasse. La réponse tient en trois outils, beaucoup de mathématiques… et une patience infinie.
Qu'est-ce que le zellige ?
Le zellige est une mosaïque de petites pièces de terre cuite émaillée, taillées une à une et assemblées pour former des motifs géométriques. On le trouve au Maroc et, plus largement, dans l'architecture du Maghreb et d'al-Andalus. Fès reste sa capitale historique : c'est là, avec l'argile de la région, que de nombreux ateliers perpétuent le savoir-faire.
De l'argile à l'étoile : les étapes
- L'argile est pétrie, mise en plaques carrées, puis séchée au soleil.
- La cuisson se fait au four traditionnel.
- L'émaillage : chaque carreau reçoit une couleur unie, puis repasse au four.
- Le dessin : le maître trace la forme à découper sur le carreau.
- La taille : avec un petit marteau tranchant, l'artisan découpe la pièce, puis biseaute ses bords pour qu'elle s'emboîte parfaitement. C'est le geste le plus spectaculaire, et le plus long à maîtriser.
- L'assemblage à l'envers : les pièces sont posées face contre le sol, selon le motif que le maître a en tête. On ne voit donc pas le dessin pendant qu'on le compose. Un mortier est coulé au dos, et une fois sec, le panneau est retourné.
La géométrie des étoiles
Les motifs du zellige se construisent à partir d'un cercle, divisé en parts égales au compas. À partir de huit divisions, on obtient l'étoile à huit branches, la plus fréquente. Avec douze, seize, vingt-quatre divisions ou plus, les étoiles se multiplient et se ramifient. Ces compositions peuvent se répéter à l'infini dans toutes les directions : c'est l'une des grandes forces de l'art géométrique de l'Islam, qui évoque l'infini par la répétition plutôt que par l'image.
Le saviez-vous ?
Les mathématiciens se sont penchés sur ces motifs et y ont reconnu des symétries très élaborées. Les artisans, eux, se transmettaient ces savoirs de maître à apprenti, souvent sans plan écrit.
Où admirer de beaux zelliges ?
- La médersa Bou Inania à Fès, fondée au XIVe siècle sous les Mérinides.
- La médersa Ben Youssef à Marrakech.
- Les tombeaux saadiens à Marrakech.
- La mosquée Hassan II à Casablanca, pour une réalisation contemporaine monumentale.
- Et tout simplement, les fontaines de quartier de nos médinas.
Reconnaître un vrai zellige
Un zellige taillé à la main présente de légères variations de couleur et de surface d'une pièce à l'autre, et des joints très fins. Les imitations industrielles en carreaux imprimés sont parfaitement plates et régulières, sans le chatoiement de l'émail fait main.
Vos questions, nos réponses
Combien de temps pour devenir maître zelligeur ?
Des années d'apprentissage. Le geste de taille, la mémoire des motifs et la science des assemblages se transmettent de maître à apprenti, dans les ateliers.
Le zellige est-il toujours fabriqué à la main ?
Le zellige traditionnel, oui. Il existe aussi des carreaux industriels qui l'imitent, plus réguliers et moins chers, mais sans la profondeur de l'émail ni les nuances de la taille manuelle.
Pourquoi tant d'étoiles à huit branches ?
Parce qu'elle naît très simplement de la superposition de deux carrés et se répète facilement à l'infini, ce qui en fait une base idéale pour des compositions complexes.
Du mur au bijou
L'étoile du zellige, les arcs, les coupoles et les entrelacs inspirent depuis toujours les orfèvres marocains. Dans notre atelier, ils ont donné naissance au Collier Nejma, qui reprend l'étoile, et au Collier Qobba, inspiré des coupoles de l'architecture marocaine. Retrouvez ces symboles dans notre collection Rouh Al Maghrib.
Le mot de l'atelier
Un motif de zellige de votre maison familiale à transformer en bijou ? Envoyez-nous une photo sur WhatsApp : notre atelier de Casablanca vous dira comment le traduire en or.

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