Une vieille photo de famille, des bijoux amazighs : comment identifier la parure de vos aïeules (sans se tromper)

Boucles d'oreilles Tazrzit en Or 18K – Azor

Pendant les fêtes, quelqu'un sort l'album. Sur une photo en noir et blanc aux bords dentelés, une arrière-grand-mère pose, le regard droit, la poitrine barrée de chaînes, deux grandes fibules aux épaules, le front orné. Tout le monde se penche : « C'était en or ? », « Elle venait d'où, cette parure ? », « Où sont passés ces bijoux ? ». Une photo ancienne est un document précieux, mais elle ne dit pas tout. Voici comment la lire avec méthode, et avec prudence.

1. Commencer par la photo elle-même

Avant de regarder les bijoux, regardez le document :

  • Le format : tirage de studio sur carton, photo de mariage, carte postale imprimée, instantané d'amateur. Chacun raconte une situation différente.
  • Le dos : un tampon de studio, une ville, une date ou un prénom écrit au crayon valent de l'or pour situer l'image.
  • Le décor : une toile peinte et un fauteuil indiquent un studio ; une cour, une porte ou un paysage, une photo prise sur place.

2. Se méfier des cartes postales « typiques »

Si l'image est une carte postale de l'époque coloniale montrant une « femme berbère en costume », prudence. Beaucoup de ces images étaient mises en scène en studio, avec des modèles et parfois des vêtements ou des bijoux fournis par le photographe. L'écrivain algérien Malek Alloula a analysé ce phénomène dans Le Harem colonial (1981). Une parure vue sur une carte postale n'est donc pas forcément celle que portait une femme réelle de la région indiquée en légende. Une photo de famille, elle, est en général un témoignage beaucoup plus fiable.

3. Repérer les grandes familles de bijoux

Aux épaules et sur la poitrine

Deux grandes fibules (tizerzay au singulier tazerzit dans le Souss) reliées par une chaîne ou un collier : c'est un ensemble typique du Sud marocain, servant à retenir le drapé. Une grande broche ronde et émaillée orienterait plutôt vers la Kabylie.

Sur la tête et le front

Bandeaux de pièces, diadèmes à pendeloques, chaînettes encadrant le visage : ces parures de tête sont caractéristiques des fêtes et des mariages, notamment dans l'Anti-Atlas.

Au cou

Grosses perles rondes (souvent d'ambre ou de résine, qui apparaissent claires en noir et blanc), branches de corail (qui apparaissent sombres), pièces de monnaie, pendentifs triangulaires : repérez les formes, pas les couleurs, que la photo ne restitue pas.

Aux poignets et aux oreilles

Bracelets larges portés par paires, bracelets à pointes, grands anneaux d'oreilles parfois si lourds qu'ils sont soutenus par une chaînette ou par la coiffe.

4. Ce qu'une photo ne peut pas dire

  • Le métal : en noir et blanc, argent et or se confondent souvent. Historiquement, la très grande majorité des parures amazighes rurales étaient en argent, mais une photo seule ne le prouve pas.
  • La propriété : pour une photo de mariage, une partie des bijoux pouvait être prêtée par la famille ou par la femme qui préparait la mariée.
  • La date exacte : les bijoux se transmettaient sur plusieurs générations, une pièce peut donc être bien plus ancienne que la photo.

5. Enquêter en famille

  1. Numérisez la photo en haute définition et zoomez sur chaque bijou.
  2. Montrez-la aux aînés et notez les noms qu'ils donnent aux pièces, en tamazight ou en darija, avec la région d'origine de la personne photographiée.
  3. Comparez avec les collections de musées et les livres de référence sur les bijoux berbères, ou avec les relevés réalisés au Maroc dans les années 1930 par Jean Besancenot.
  4. Cherchez les bijoux eux-mêmes : il arrive qu'une pièce dorme encore chez une tante ou une cousine.
  5. Écrivez ce que vous avez appris au dos d'un tirage ou dans un fichier partagé : la prochaine génération vous remerciera.

6. Et si les bijoux ont disparu ?

C'est fréquent : vendus, fondus, partagés entre héritières. La photo devient alors le seul témoin. Elle peut aussi servir de point de départ à une création : à partir d'un détail agrandi (une fibule, une pendeloque, un motif gravé), notre atelier peut dessiner un bijou contemporain en or 18K, avec notre service sur-mesure. Pour s'en inspirer, voyez comment les Boucles Tazrzit en or 18K (à partir de 1 990 DH) réinterprètent la fibule du Souss, ou parcourez la collection Amazigh.

À retenir

  • Lisez d'abord le document (format, dos, décor), puis les bijoux.
  • Méfiez-vous des cartes postales coloniales mises en scène.
  • Identifiez les formes ; restez prudent sur le métal, la propriété et la date.
  • La mémoire des aînés est la meilleure des légendes.

Vous avez retrouvé une photo et vous aimeriez transformer un détail en bijou ? Envoyez-la via le bouton WhatsApp de notre atelier de Casablanca : nous vous dirons ce qu'il est possible d'en tirer.

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