Un après-midi d'hiver, des enfants qui tournent en rond, une feuille quadrillée qui traîne sur la table… Et si c'était l'occasion de leur faire découvrir l'art amazigh autrement que par un livre ? Les motifs amazighs ont un immense avantage : ils sont géométriques, donc faciles à dessiner avec une règle et un crayon, même pour un enfant de six ans. Voici un atelier simple, à faire à la maison, par exemple pour Yennayer, le Nouvel An amazigh, férié au Maroc le 14 janvier. Le prochain ouvrira l'an 2977.
Le matériel
- Du papier quadrillé (petits ou grands carreaux selon l'âge).
- Un crayon à papier, une gomme, une règle.
- Des feutres ou crayons de couleur : rouge, jaune, vert, bleu, noir. Ce sont des couleurs que l'on retrouve souvent dans les tapis, les émaux et le drapeau amazigh.
- En option : de la pâte à sel ou de l'argile autoséchante, une pomme de terre pour faire des tampons.
Pourquoi le papier quadrillé ?
Expliquez-le aux enfants, c'est la meilleure entrée en matière : sur un métier à tisser, la tisserande travaille fil par fil et rang par rang. Les courbes sont difficiles, alors les formes naturelles sont les triangles, les losanges et les lignes brisées. Le quadrillage reproduit cette contrainte : chaque carreau est un « point » de tissage.
Étape 1 : le triangle
Comptez trois carreaux sur une ligne, puis remontez en diagonale jusqu'au sommet. Remplissez-le de couleur ou de petits points. Faites-en une rangée, pointes en haut, puis une deuxième pointes en bas, décalée : vous obtenez une frise « en dents », très fréquente sur les tapis et les bijoux.
Étape 2 : le losange
Deux triangles collés par la base forment un losange. Les plus grands peuvent dessiner un losange dans un losange, puis un point au centre. Montrez-leur ensuite une photo de tapis du Moyen Atlas : ils reconnaîtront tout de suite leur dessin.
Étape 3 : le zigzag et le chevron
Montez d'un carreau, descendez d'un carreau, et ainsi de suite : c'est le zigzag. Doublez-le, triplez-le : la frise prend vie. Un chevron, c'est un « V » couché que l'on répète comme une file d'oiseaux.
Étape 4 : le cercle pointé
Seul motif « rond » de l'atelier : un petit cercle avec un point au centre. Il se dessine au compas ou en suivant le contour d'une pièce de monnaie. On le retrouve gravé sur de nombreux bijoux et objets anciens.
Étape 5 : le Yaz ⵣ
Terminez par la lettre tifinagh Yaz, symbole de l'identité amazighe, que l'on voit au centre du drapeau amazigh. Pour un enfant, elle se dessine en trois traits : une ligne verticale au centre, puis deux arcs, l'un ouvert vers le haut, l'autre vers le bas. Les plus grands peuvent ensuite essayer d'écrire leur prénom en néo-tifinagh, l'alphabet enseigné au Maroc.
Le jeu de la symétrie
Pliez une feuille en deux, dessinez la moitié d'un motif sur un côté, et demandez à l'enfant de compléter l'autre moitié en miroir. La symétrie est partout dans l'art amazigh, des tapis aux paires de fibules : c'est un excellent exercice d'observation.
Prolonger l'atelier
- Tampons de pomme de terre (avec un adulte pour le couteau) : taillez un triangle ou un losange, trempez dans la peinture, imprimez une frise sur un sac en toile ou une carte de vœux pour Yennayer.
- Médaillon en pâte à sel : formez un disque, gravez un motif avec un cure-dent, percez un trou avant la cuisson. Un premier « bijou » fait main !
- Interroger les grands-parents : ont-ils connu des tatouages, des tapis ou des bijoux avec ces motifs ? Comment les appelaient-ils ? C'est souvent là que l'atelier devient le plus beau.
Ce qu'il faut dire (et ne pas dire) sur le sens des motifs
Les enfants demandent toujours : « Ça veut dire quoi ? ». Répondez franchement : certains sens sont racontés dans les familles (protection, fertilité, nature), mais ils varient d'une région à l'autre, et il n'existe pas de dictionnaire officiel des motifs. L'important, c'est qu'ils ont été dessinés, tissés et portés par des générations de femmes avant eux. Et qu'eux aussi peuvent inventer leur propre motif.
Et pour garder un souvenir ?
Le dessin de votre enfant peut devenir un vrai bijou : notre atelier de Casablanca transforme un croquis en pendentif d'or 18K via le service sur-mesure. Pour les petits, le Collier Dabdob en or 18K (à partir de 1 690 DH) fait partie de nos bijoux pour enfants, et le Collier Tifinagh personnalisé existe en argent massif à partir de 499 DH. Envoyez-nous la photo du chef-d'œuvre via le bouton WhatsApp : nous vous dirons ce qu'il est possible d'en faire.

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