Ksar, kasbah, agadir, tighremt, ighrem : le petit lexique de l'architecture de terre amazighe

Collier Amazigh Gravé en Or 18K

Sur la route de Ouarzazate, tout le monde dit « kasbah ». Les panneaux, les guides, les cartes postales. Pourtant, si vous demandez à un habitant de la vallée du Dadès comment il appelle la grande maison de terre à quatre tours qui domine son village, il y a de bonnes chances qu'il vous réponde tighremt. Et le village fortifié voisin ? Un ighrem, que l'arabe appelle ksar. Petit lexique pour ne plus confondre ces mots, et pour apprendre à regarder les façades comme on lit un bijou.

Ighrem et ksar : le village fortifié

Ighrem (on lit aussi igherm, pluriel igherman) désigne en tamazight un ensemble bâti fortifié, et le plus souvent un village collectif entouré d'un rempart. Son équivalent arabe est ksar (pluriel ksour), du mot qasr.

Un ksar, c'est une communauté : plusieurs familles vivent dans leurs propres maisons, serrées les unes contre les autres le long de ruelles étroites et souvent couvertes, avec des espaces partagés (mosquée, place, puits, parfois grenier). Une seule porte, ou très peu, ouvre sur l'extérieur. Le plus célèbre est sans doute Aït-Ben-Haddou, près de Ouarzazate, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1987. Ses bâtiments actuels ne semblent pas antérieurs au XVIIe siècle, mais les techniques qui les ont élevés sont bien plus anciennes.

Tighremt et kasbah : la maison forte

Tighremt est le féminin, et en quelque sorte le diminutif, d'ighrem. Elle désigne une grande demeure familiale fortifiée, haute de plusieurs étages, au plan compact et cantonnée de tours d'angle. C'était la maison d'une famille aisée ou d'un notable. En bas, les bêtes et les réserves ; plus haut, les pièces de vie ; sur le toit, une terrasse de travail ceinte d'un muret.

Le mot kasbah (de l'arabe qasaba) a un sens plus large : il désigne d'abord une citadelle, un lieu de pouvoir et de garnison, comme la kasbah des Oudayas à Rabat. Dans le Sud, l'usage français a fini par appeler « kasbah » aussi bien la tighremt d'une famille que le palais d'un caïd. Ce n'est pas faux, mais c'est moins précis. Retenez simplement ceci : le ksar abrite une communauté, la tighremt abrite une famille.

Agadir : le grenier qu'on défend

L'agadir (pluriel igoudar) est le grenier collectif fortifié, où chaque famille détenait sa case pour ses grains, ses titres et ses objets précieux. On le trouve surtout dans l'Anti-Atlas et le Haut Atlas occidental. Nous lui avons déjà consacré un article : retenez ici qu'il ne s'agit ni d'un village ni d'une maison, mais d'un coffre-fort communautaire.

Pisé et brique crue : la matière

Toutes ces architectures partagent une matière : la terre. Deux techniques dominent :

  • Le pisé : une terre légèrement humide, mêlée de cailloux, damée couche après couche dans un coffrage de bois. Les murs sont épais à la base et s'affinent en montant, ce qui donne aux tours leur silhouette légèrement évasée vers le sol.
  • La brique crue (l'adobe) : moulée et séchée au soleil, elle sert aux cloisons, aux parties hautes, et surtout au décor.

Le bois (palmier, peuplier, roseaux) fournit les linteaux, les plafonds et les terrasses. Ces matériaux locaux rendent ces bâtiments très adaptés au climat, mais aussi fragiles : sans entretien régulier, la pluie les ronge. Le séisme du 8 septembre 2023 a d'ailleurs touché de nombreux bâtiments de terre du Haut Atlas et du Sud.

Lire une façade : les motifs des tours

C'est en levant les yeux qu'on comprend tout. Le décor se concentre presque toujours en haut des tours, là où le mur s'allège. Les bâtisseurs y disposaient les briques crues de façon à créer des pleins et des vides, des jeux d'ombre et de lumière qui changent avec l'heure du jour. On y reconnaît :

  • des losanges, simples ou emboîtés ;
  • des triangles et des chevrons ;
  • des quadrillages et des réseaux en damier ;
  • des niches étroites et des arcatures aveugles ;
  • des merlons et créneaux au sommet.

Que signifient ces motifs ? Certains chercheurs avancent que le losange pouvait avoir une valeur protectrice ; d'autres soulignent que certains motifs en gradins sont des emprunts plus récents. Honnêtement, il n'existe pas de « dictionnaire » fiable de ces décors, et leur sens a pu varier d'un village à l'autre. Ce qui est sûr, c'est leur parenté visuelle avec les autres arts amazighs : on retrouve ces mêmes géométries sur les tapis, les poteries peintes et les bijoux.

Deux livres et un conseil pour aller plus loin

Le regard occidental sur ces architectures doit beaucoup à quelques noms. Charles de Foucauld, qui traversa la région en 1883-1884, décrit dans Reconnaissance au Maroc des maisons aux terrasses crénelées et aux murs couverts de dessins. Henri Terrasse leur consacre en 1938 un ouvrage, Kasbas berbères. Mais la meilleure source reste encore la visite, accompagnée d'un habitant qui vous dira le nom exact de chaque bâtiment.

De la tour au bijou

Si vous aimez ces façades, vous aimerez sans doute les bijoux qui en reprennent le langage. Le Collier Amazigh Gravé en Or 18K, à partir de 2 999 DH, porte la gravure comme un mur porte son décor. La Bague Triangle d'Amazigh en Or 18K, à partir de 4 500 DH, fait écho à l'un des motifs les plus présents au sommet des tours.

Pour un cadeau de fin d'année qui raconte le Sud, parcourez la collection Amazigh. Et si vous avez photographié un motif de façade qui vous a marquée, montrez-le à l'atelier de Casablanca via le bouton WhatsApp : nos artisans pourront vous dire s'il peut devenir une pièce sur-mesure.

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