Dans une salle de fête, la musique change soudain de rythme. Les youyous montent, les invitées se lèvent, téléphones à la main. Portée sur l'amariya, ce palanquin doré soulevé par les porteurs, la mariée apparaît, presque immobile sous un dress-code d'un autre temps : drapés verts et or, couronne, perles, voile. C'est la lebsa fassia, la « tenue de Fès », souvent la plus attendue de la soirée.
Une tenue de cérémonie héritée des cours citadines
Aussi appelée lebsa lekbira (la grande tenue), la lebsa fassia appartient à la tradition citadine de Fès, ville de lettrés, de commerçants et d'artisans raffinés. Elle est l'une des tenues que la mariée revêt au cours de la soirée, quand le mariage suit le rite complet où la neggafa, l'habilleuse, change plusieurs fois la tenue de la mariée.
Longtemps très lourde et majoritairement verte, elle s'est allégée avec le temps, et on la voit aujourd'hui aussi déclinée en blanc ou en rouge.
Les éléments qui la composent
- Le caftan, en étoffe précieuse, souvent brodé d'or.
- Un grand drapé vert et or, très lourd, qui monte par-dessus la tête et retombe sur les épaules et le devant du corps.
- Un voile blanc sur la tête, qui sert de base pour fixer les ornements.
- Une couronne au sommet de la tête.
- Un plastron au niveau du cou et de la poitrine, garni de bijoux.
- Des colliers de perles blanches et vertes, et des ornements d'or qui encadrent le visage.
Les bijoux de la mariée citadine
La parure citadine marocaine se distingue nettement de la parure amazighe rurale : là où la seconde privilégie l'argent, le corail et l'ambre, la première mise sur l'or, les perles fines, les émeraudes et les rubis. Parmi les pièces qu'on cite le plus souvent dans les traditions de Fès et des grandes villes :
- La lebba, grand collier-plastron d'or et de perles qui couvre le haut de la poitrine.
- La tasfifa, collier ras-du-cou fait d'éléments d'or articulés.
- Le khit rouh, littéralement « le fil de l'âme », un ornement de front fait de rangs de chaînes et de pierres qui encadre le visage.
- Les grandes boucles d'oreilles à pendeloques de perles.
- La mdamma, ceinture d'or ou de métal doré, qui marque la taille du caftan.
Les appellations et les formes varient d'une ville à l'autre (Fès, Rabat, Tétouan, Meknès ont chacune leurs particularités), mais l'esprit est le même : afficher, le jour du mariage, le raffinement et le prestige de la famille.
Le vert et l'or : un langage
Le vert, très présent dans cette tenue, est une couleur chargée de sens dans la culture marocaine et musulmane : on l'associe volontiers à la paix, à la prospérité et à la bénédiction. L'or, lui, dit l'abondance et la lumière. Ensemble, ils composent une palette royale.
S'en inspirer aujourd'hui
Toutes les mariées ne portent pas la lebsa fassia, et rares sont celles qui possèdent une parure complète : elle est souvent fournie par la neggafa le temps de la fête. Mais on peut s'en inspirer pour un bijou à garder :
- Une pièce à pierres vertes et rouges, dans l'esprit des parures de cour. Le Collier Sultana en or 18K, avec son pendentif en couronne inversée orné de pierres vert émeraude, rose rubis et blanc cristal, et ses franges dorées qui ondulent à chaque pas, en est une réinterprétation contemporaine.
- Un collier de cérémonie lumineux, comme le Collier Nour et sa constellation d'étoiles émaillées et serties, à porter sur un caftan pour les fêtes de famille.
- Une pièce à émaux rouge et vert, rappel des couleurs du Maroc et des grandes parures citadines, à retrouver dans notre collection Colliers.
Le mot de l'atelier
Vous préparez votre mariage et vous rêvez d'une pièce qui évoque la mariée de Fès, mais que vous pourrez porter après la fête ? Notre atelier de Casablanca peut imaginer avec vous une création sur-mesure. Envoyez-nous vos inspirations sur WhatsApp.

0 commentaire