Certains écrivains se lisent comme on se promène. Mohamed Khaïr-Eddine se lit comme on traverse un orage dans l'Anti-Atlas : ça gronde, ça dévale, ça éclaire tout d'un coup. Parmi les grandes voix de la littérature marocaine, il est sans doute celle qui a le plus intensément porté le Souss et sa mémoire amazighe.
Un enfant de l'Anti-Atlas
Mohamed Khaïr-Eddine naît en 1941 dans la région de Tafraout, au cœur des montagnes de granit rose de l'Anti-Atlas. Il grandit entre ce pays amazighophone et Casablanca, où beaucoup de familles soussies tiennent commerce. Ce double ancrage, la montagne et la grande ville, traversera toute son œuvre.
« Agadir », un premier roman né d'un séisme
En 1960, un tremblement de terre détruit Agadir. Quelques années plus tard, Khaïr-Eddine, qui y a travaillé, en tire son premier roman, Agadir, publié en 1967 à Paris. Le livre ne raconte pas la catastrophe de façon classique : il la fait exploser dans l'écriture elle-même, mêlant poésie, récit, théâtre et visions. Il est salué par un prix littéraire et révèle un style inédit.
La « guérilla linguistique »
Khaïr-Eddine écrit en français, mais il refuse de l'écrire sagement. Il parle lui-même de « guérilla linguistique » : bousculer la syntaxe, briser les genres, faire entrer dans la langue française la violence, l'humour et la poésie de son pays. Ses livres, comme Le Déterreur (1973), déconcertent autant qu'ils fascinent.
Le retour aux racines : Agoun'chich
Avec Légende et vie d'Agoun'chich (1984), il offre l'un de ses livres les plus accessibles : l'histoire d'un héros du Sud, dans les montagnes du Souss, à l'époque de la conquête coloniale. On y croise des villages, des greniers, des paysages, des façons de vivre et de parler que l'auteur veut sauver de l'oubli.
Exil et retour
Khaïr-Eddine a passé de longues années en France, avant de revenir au Maroc. Il s'éteint à Rabat en 1995. Son œuvre, longtemps réputée difficile, est aujourd'hui étudiée et rééditée, et inspire de nombreux auteurs.
Par où commencer ?
- Légende et vie d'Agoun'chich, pour l'histoire et les paysages du Souss.
- Agadir, pour découvrir son style explosif.
- Des extraits de ses poèmes, pour sentir la force de sa langue.
Porter le Souss
La mémoire amazighe que défendait Khaïr-Eddine passe aussi par les signes : tatouages des grands-mères, alphabet tifinagh, motifs des parures d'argent. Le Collier Tatouage en Or 18K reprend ces signes, et le Collier Tifinagh Personnalisé écrit un prénom dans l'alphabet amazigh.
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