À l'intérieur de la Tour Hassan, il n'y a pas d'escalier. À la place, une rampe s'enroule autour d'un noyau central, assez large, raconte-t-on, pour qu'un cavalier puisse monter jusqu'au sommet. Ce détail résume bien le monument : ambitieux, hors d'échelle, et resté inachevé depuis plus de huit siècles. Face à lui, de l'autre côté d'une forêt de colonnes, le mausolée Mohammed V veille sur trois membres de la famille royale. Voici un guide pour comprendre ce que l'on voit, avant ou pendant la visite.
La Tour Hassan : le rêve d'un calife almohade
Qui l'a construite ?
La tour est l'œuvre du calife almohade Abou Youssef Yacoub al-Mansour, le même souverain associé à la Koutoubia de Marrakech et à la Giralda de Séville. Les travaux commencent à la fin du XIIe siècle (les sources hésitent entre 1191 et 1195). Al-Mansour veut faire de Rabat, alors Ribat al-Fath, une grande capitale.
Pourquoi est-elle inachevée ?
À la mort du calife, en 1199, le chantier s'arrête : ses successeurs n'ont ni les moyens ni la volonté de le poursuivre. La tour culmine aujourd'hui à environ 44 mètres, alors qu'elle devait en atteindre au moins 60, peut-être davantage avec son lanternon.
Que reste-t-il de la mosquée ?
La mosquée prévue devait mesurer environ 183 mètres sur 139 : elle aurait été l'une des plus vastes de tout l'Occident musulman. Il n'en reste que l'esplanade et 348 colonnes, plus ou moins hautes, alignées comme un échiquier de pierre. Le tremblement de terre de Lisbonne, en 1755, a endommagé l'ensemble, déjà inachevé.
Ce qu'il faut regarder
- Les quatre faces de la tour, toutes décorées différemment, avec des réseaux d'arcs entrelacés en losanges, le motif dit sebka.
- Les colonnes, dont le rythme régulier donne une idée de l'immense salle de prière qui n'a jamais été couverte.
- La vue sur l'oued Bouregreg et sur Salé, de l'autre côté de l'estuaire.
Le mausolée Mohammed V : un chef-d'œuvre du XXe siècle
Quand a-t-il été construit ?
Après la mort du roi Mohammed V, en 1961, le roi Hassan II commande un mausolée pour son père, à l'angle de l'ancienne mosquée almohade. Conçu par l'architecte vietnamien Cong Vo Toan, il est achevé en 1971. Le roi Mohammed V y repose, ainsi que ses fils le prince Moulay Abdallah (inhumé en 1983) et le roi Hassan II (en 1999).
Ce qu'il faut regarder
- Le toit pyramidal vert, couleur emblématique des monuments religieux et royaux marocains.
- Le marbre blanc des façades, sculpté d'arcs et de motifs sebka, en écho direct à la tour qui lui fait face.
- À l'intérieur, vu depuis la galerie : le zellige des murs, la coupole en bois ornée de vitraux, les éléments en laiton ciselé et le cénotaphe en onyx blanc.
- Les gardes royaux en tenue d'apparat, à l'entrée et parfois à cheval, très photographiés.
C'est un véritable conservatoire des métiers d'art marocains : marbriers, zelligeurs, sculpteurs sur plâtre et sur bois, dinandiers y ont travaillé ensemble, à la manière des grands chantiers d'autrefois.
Infos pratiques pour la visite
- Accès : l'esplanade se trouve dans le quartier Hassan, sur un promontoire dominant le Bouregreg ; la kasbah des Oudayas se rejoint ensuite facilement pour compléter la journée.
- Tenue : le mausolée est un lieu de recueillement. Une tenue couvrant épaules et genoux est de rigueur, et l'on parle à voix basse.
- Photos : elles sont généralement tolérées sur l'esplanade ; à l'intérieur du mausolée, suivez les indications des gardiens.
- Horaires : ils peuvent varier selon les jours et les cérémonies officielles ; renseignez-vous sur place.
- Patrimoine mondial : l'ensemble fait partie du site « Rabat, capitale moderne et ville historique », inscrit à l'UNESCO en 2012.
Pourquoi y aller en novembre ?
Le mausolée est indissociable de la mémoire de l'indépendance. Autour du 18 novembre, fête de l'Indépendance, beaucoup de familles aiment raconter à leurs enfants l'histoire du roi Mohammed V, de son exil et de son retour. Une promenade entre la tour almohade et le mausolée est une façon vivante de relier huit siècles d'histoire du Maroc, du calife bâtisseur au roi de l'indépendance.
De la pierre au bijou
Les coupoles, les arcs et les étoiles de l'architecture marocaine inspirent beaucoup notre atelier. Quelques pièces pour prolonger la visite :
- Le Collier Qobba en Or 18K, à partir de 7599 DH, dont le nom évoque la coupole (qobba), si présente dans nos monuments.
- Le Collier Nejma en Or 18K, à partir de 2490 DH, de la collection Rouh Al Maghrib, avec l'étoile du drapeau.
- Le Bracelet Nejma en Or 18K, à partir de 1999 DH, pour l'assortir.
En conclusion
Une tour inachevée, une forêt de colonnes et un mausolée de marbre : à Rabat, l'histoire du Maroc se lit à ciel ouvert. Si cette visite vous inspire, découvrez la collection Rouh Al Maghrib, ou écrivez à notre atelier de Casablanca via WhatsApp pour imaginer un bijou sur-mesure inspiré de l'architecture marocaine.

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