Dans de nombreuses familles marocaines, on reconnaît une femme qui vient de perdre son mari à sa tenue blanche, portée pendant les mois qui suivent le décès. Ce blanc du deuil surprend souvent les amis venus d'ailleurs, habitués au noir. Il s'accompagne d'un autre changement, plus discret : les bijoux disparaissent. Les bracelets restent dans leur boîte, parfois l'alliance aussi. Puis vient le jour où la période se termine, et beaucoup de femmes se demandent, sans oser en parler : « Est-ce que je peux remettre mes bijoux ? Lesquels ? Et mon alliance ? »
Ces questions sont intimes. Nous y répondons ici avec prudence, en distinguant ce qui relève de la règle religieuse, de la coutume et du choix personnel.
Qu'est-ce que l'idda d'une veuve ?
L'idda est la période d'attente qui suit la dissolution du mariage. Pour une veuve, elle est de quatre mois et dix jours, selon le verset 234 de la sourate Al-Baqara, sauf si elle est enceinte : elle prend alors fin avec l'accouchement. Le Code de la famille marocain reprend ces durées.
Pourquoi ne porte-t-on pas de bijoux pendant cette période ?
La tradition religieuse décrit, pour la veuve, un temps de deuil appelé ihdad, pendant lequel elle s'abstient de parure : bijoux, parfum, maquillage, vêtements de fête. La grande majorité des écoles juridiques, dont le rite malékite suivi au Maroc, s'accordent sur ce principe. Les détails, eux, varient selon les avis et les familles. Pour toute question précise, le mieux est de s'adresser à un alim ou à une personne de confiance dans votre entourage.
Et l'alliance ?
C'est la question la plus sensible. Beaucoup de veuves retirent leur alliance pendant l'idda, conformément à l'abstention de parure ; d'autres la gardent, ou la portent en pendentif contre la peau, sous les vêtements. Les usages diffèrent, et il n'y a pas de bonne réponse universelle. Ce que nous pouvons dire, en tant que bijoutiers : une alliance retirée se range seule, dans une pochette douce, à l'abri des autres bijoux pour ne pas se rayer.
Que faire des bijoux pendant ces mois-là ?
- Les ranger avec soin : chaque pièce dans son compartiment ou sa pochette, à l'abri de l'humidité.
- Ne pas prendre de décision hâtive : vendre, partager ou transformer les bijoux reçus du mari peut attendre. Le chagrin pousse parfois à des choix que l'on regrette.
- Penser à la succession : certains bijoux peuvent entrer dans le partage de l'héritage, selon leur origine. En cas de doute, renseignez-vous auprès des adouls ou d'un notaire avant tout partage.
Comment reprendre ses bijoux à la fin de l'idda ?
Il n'y a pas de cérémonie, mais certaines femmes aiment marquer ce moment. Quelques façons de faire, toutes respectables :
- Revenir doucement, par une seule pièce : une chaîne fine, une paire de puces.
- Remettre l'alliance à son doigt, ou la porter désormais à une autre main, ou en pendentif.
- Faire graver à l'intérieur de l'alliance une date ou un prénom, pour qu'elle devienne aussi un souvenir.
- Ne rien remettre tout de suite, et attendre d'en avoir envie.
Peut-on offrir un bijou à une veuve ?
Pendant l'idda, non : ce serait contraire à l'esprit de cette période, et donc malvenu. Après, un bijou peut être un geste d'affection, à condition qu'il ne soit pas une « parure de fête » mais un objet de mémoire et de présence. Quelques idées :
- Un médaillon qui garde une photo ou une initiale, comme le Collier Mémoire Personnalisé en Argent (à partir de 400 DH), discret et léger.
- Un pendentif porteur d'une parole de foi, comme le Collier Quran Personnalisé en Or 18K (à partir de 2 599 DH), pour une femme dont c'est la source de réconfort.
- Une initiale ou un prénom gravé, à choisir dans la collection Personnalisé.
Le plus souvent, ce sont ses enfants, ses sœurs ou une amie très proche qui offrent ce type de bijou. Un mot simple suffit : « Pour qu'il reste près de toi. »
Ce que nous ne ferons jamais
Nous ne vous dirons pas qu'un bijou « aide à faire son deuil ». Le deuil prend le temps qu'il prend. Un bijou peut seulement accompagner, garder un nom, une date, un visage. C'est déjà beaucoup.
En conclusion
Pendant l'idda, la parure se met en pause ; après, chacune la reprend à son rythme. Si vous souhaitez transformer une alliance en pendentif, graver un prénom ou créer un bijou de mémoire, notre atelier de Casablanca vous reçoit en toute discrétion : écrivez-nous via le bouton WhatsApp de l'atelier.

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