Regardez de près le devant d'une belle jellaba : une rangée de minuscules boutons ronds, serrés, parfaitement réguliers. On les remarque à peine. Pourtant, chacun a été formé à la main, fil après fil, souvent par une femme assise sur le pas de sa porte. Et l'un des villages les plus associés à ce savoir-faire porte un nom que peu de gens connaissent : Bhalil.
Un village accroché au flanc de la montagne
Bhalil se trouve dans les contreforts du Moyen Atlas, à courte distance de Sefrou et à une trentaine de kilomètres de Fès. Ses ruelles en pente, ses façades colorées et ses escaliers donnent déjà du caractère au lieu. Mais sa particularité se cache derrière certaines portes.
Des maisons creusées dans la roche
À Bhalil, une partie des habitations prolonge des cavités naturelles ou creusées dans la roche de la colline. Une façade de maison ordinaire peut ouvrir sur une pièce troglodyte, fraîche en été et plus douce en hiver. Certaines familles ont gardé ces pièces comme cuisine, réserve ou pièce à vivre, et quelques habitants ouvrent leurs portes aux visiteurs curieux.
Cette architecture n'est pas une curiosité pour touristes : elle témoigne d'une adaptation très ancienne au relief et au climat, que l'on retrouve sous d'autres formes ailleurs au Maghreb.
Les boutons de jellaba : un art minuscule
Bhalil est aussi connu pour ses femmes qui confectionnent les petits boutons de passementerie utilisés sur les jellabas et les caftans, souvent appelés 3akad. Le geste demande patience et précision : le fil est noué, enroulé, serré jusqu'à former une petite boule ferme, puis assemblé en longues rangées. On voit encore des femmes travailler ainsi, le fil tendu entre les doigts, en bavardant devant leur maison.
Ces boutons partent ensuite vers les ateliers de couture des villes. C'est un travail longtemps invisible, mais sans lui, une jellaba traditionnelle n'aurait pas cette finition si élégante.
Ce que ce savoir-faire nous inspire
Dans un bijou comme dans une jellaba, ce sont les détails qui font la différence : la régularité d'un tressage, la netteté d'une bordure, la répétition patiente d'un même motif. Les bijoux qui reprennent la logique du tissage et de la passementerie, comme le Collier Kilim en Or 18K ou le Bracelet Kilim, partagent cette même économie du geste répété.
Visiter Bhalil avec respect
- Bhalil est un village habité, pas un musée : demandez toujours avant de photographier les habitants ou d'entrer dans une maison.
- Si une famille vous ouvre sa maison troglodyte, une petite contribution ou l'achat de quelques boutons est un geste apprécié.
- Combinez la visite avec Sefrou, sa médina et, au printemps, l'ambiance de la fête des cerises.
Une jellaba, un bijou
La jellaba moderne se porte avec des bijoux sobres qui laissent respirer la passementerie : un collier fin sur le col, des puces d'oreilles, un bracelet discret. Retrouvez nos conseils et nos pièces inspirées du patrimoine dans la collection Amazigh.
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