Dihya, la reine amazighe dite « la Kahina » : ce que l'on sait vraiment, et ce qui relève de la légende

Boucles Tihiya en or 18K Azor

Une femme à la tête d'une confédération de tribus, qui tient tête à l'une des plus grandes armées de son temps, remporte une bataille et entre dans la légende. Ce n'est pas le pitch d'une série historique : c'est l'histoire de Dihya, que les chroniqueurs arabes ont surnommée « al-Kāhina ». Treize siècles plus tard, son nom continue d'être donné aux petites filles, de figurer sur des statues et d'inspirer artistes et créateurs. Mais entre l'histoire et le mythe, où est la vérité ?

Ce que l'on sait (à peu près) avec certitude

  • Elle a vécu à la fin du VIIe siècle, à l'époque de l'expansion omeyyade en Afrique du Nord.
  • Elle venait du massif des Aurès, dans l'est de l'actuelle Algérie, et dirigeait une coalition de tribus amazighes.
  • Elle a mené la résistance face aux troupes du général omeyyade Hassan ibn al-Nu'man, et les sources s'accordent sur une victoire importante remportée contre lui.
  • Elle a fini par être vaincue et tuée, au tournant du VIIIe siècle, après le retour en force de l'armée adverse.

Le problème des sources

Voilà ce qu'il faut garder en tête : presque tout ce que nous savons d'elle vient de chroniqueurs arabes qui ont écrit plusieurs siècles après les faits, comme Ibn Khaldûn au XIVe siècle. Aucun récit amazigh écrit de son époque ne nous est parvenu. Les historiens lisent donc ces textes avec prudence : ils racontent l'histoire du point de vue de l'autre camp, et ils mêlent souvent faits et récits merveilleux.

Mythe ou réalité ? Quelques affirmations passées au crible

« La Kahina, c'est son nom »

Non. « Al-Kāhina » est un surnom donné par les chroniqueurs, qui signifie « la devineresse » ou « la prêtresse » : on lui prêtait le don de prédire l'avenir. Son nom est généralement transcrit Dihya ; on rencontre aussi la forme Tihya, plus proche du tamazight.

« Elle était juive », « elle était chrétienne »

On ne sait pas. Certains textes associent sa tribu au judaïsme, d'autres hypothèses évoquent le christianisme ou des croyances amazighes anciennes. C'est l'un des points les plus débattus, et chaque époque a eu tendance à projeter sur elle ses propres enjeux.

« Elle a pratiqué la terre brûlée »

C'est ce que rapportent certains chroniqueurs : elle aurait fait détruire vergers et villages pour décourager l'envahisseur. Mais certains historiens soulignent que ce récit a pu servir à expliquer, après coup, des destructions dues à d'autres causes, ou à noircir son image.

« Elle a envoyé ses fils dans le camp adverse »

C'est un élément du récit traditionnel : pressentant sa défaite, elle aurait demandé à ses fils de rejoindre l'autre camp pour assurer leur survie. Les historiens le considèrent comme plausible, sans pouvoir le confirmer.

Pourquoi elle compte tant aujourd'hui

Dihya est devenue une figure multiple : symbole de la résistance amazighe, icône de la force des femmes, personnage de romans, de pièces et de chansons. Au Maroc comme en Algérie, son nom est un prénom féminin choisi par de nombreuses familles attachées à leur identité amazighe. Elle rappelle aussi une réalité souvent oubliée : dans de nombreuses sociétés amazighes, les femmes ont occupé une place importante, gardiennes de la langue, des motifs, des savoir-faire.

De la reine au bijou

Les femmes amazighes ont toujours porté sur elles leur histoire : dans leurs tatouages, leurs tissages, leurs parures. C'est cette force tranquille que nous avons voulu saluer avec les Boucles Tihiya en or 18K, un motif triangulaire rehaussé de rouge, de vert et de bleu. Le triangle, omniprésent dans l'art amazigh, se retrouve aussi dans la Bague Triangle d'Amazigh.

Le mot de l'atelier

Porter un bijou inspiré d'une figure comme Dihya, c'est rendre hommage à toutes les femmes qui ont tenu bon. Découvrez la collection Amazigh, et si vous souhaitez faire graver un prénom amazigh en tifinagh, écrivez à notre atelier de Casablanca sur WhatsApp.

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