Demandez à votre mère ou à votre grand-mère si elle se souvient de « la dellala ». Il y a de bonnes chances que son regard s'éclaire. Elle vous parlera d'une femme qui frappait à la porte en fin de matinée, un grand baluchon noué sur la tête ou sous le bras, qu'on faisait entrer au salon, à qui l'on servait le thé, et qui dépliait, devant les femmes de la maison, des caftans, des étoffes, parfois un bracelet ou une paire de boucles en or. Un petit souk ambulant, rien que pour elles.
La dellala, courtière à domicile
Le mot vient de l'arabe dalla, guider, indiquer, d'où dlala, le courtage ou la vente à la criée. La dellala était, dans de nombreuses villes du Maroc et plus largement du Maghreb, une intermédiaire : elle vendait des marchandises pour le compte d'autres personnes et touchait une commission, ou revendait ce qu'elle avait acheté.
Son rôle était précieux à une époque où beaucoup de femmes sortaient peu faire leurs achats. Elle apportait le marché à la maison. Et elle rendait un autre service, plus discret : quand une famille avait besoin d'argent, elle pouvait se charger de vendre un caftan, une ceinture ou un bijou sans que tout le quartier le sache. La dellala vivait de la confiance : sans enseigne ni boutique, elle n'avait que sa réputation.
Ce qu'on trouvait dans son baluchon
- des caftans et takchitas, neufs ou déjà portés ;
- des tissus, brocarts, foulards ;
- des articles pour le trousseau de la mariée ;
- des bijoux, souvent d'occasion, en or ou en argent.
Le dellal, la voix des enchères
Au masculin, le dellal est le crieur des ventes aux enchères des souks. Dans les médinas, on le voyait passer entre les échoppes, un tapis sur l'épaule, une djellaba ou un bijou à la main, en annonçant à voix haute la dernière offre. Les acheteurs surenchérissaient en l'arrêtant au passage ; le vendeur, lui, gardait le dernier mot et pouvait refuser si le prix ne lui convenait pas. Cette vente à la criée, la dlala, existe encore dans certains souks, notamment pour les tapis, les vêtements et les objets d'occasion.
Ce que ces métiers disent de notre rapport à l'or
L'or circule
La première leçon de la dellala, c'est que chez nous, l'or n'est pas fait pour dormir. Il passe de main en main : il se donne au mariage, se porte aux fêtes, se vend dans les moments difficiles, se rachète quand les jours sont meilleurs. Un bracelet peut avoir connu trois propriétaires et autant d'histoires.
L'or est une épargne de femmes
Dans bien des familles, les bijoux ont longtemps constitué une réserve personnelle de la femme, qu'elle pouvait mobiliser elle-même. La dellala était l'alliée de cette autonomie discrète.
L'or demande de la confiance
Acheter de l'or hors d'une boutique, c'était se fier à la parole de quelqu'un. Aujourd'hui, la confiance a d'autres garanties, et il est bon de les connaître :
- le poinçon, qui atteste le titre du métal ;
- le titre lui-même : l'or 18 carats contient 750 millièmes d'or pur ;
- une facture détaillant le poids et la nature de la pièce ;
- la distinction entre le prix du métal et celui de la façon, c'est-à-dire le travail de l'artisan.
Un métier qui se transforme
La dellala de porte en porte se fait rare. Mais son esprit n'a pas disparu : il revit dans les ventes entre particulières, les groupes de discussion où l'on fait circuler des photos de caftans, les femmes qui vendent depuis leur salon. La logique reste la même : faire circuler les belles choses, de confiance en confiance.
Le bijou qu'on se transmet
Si vous avez hérité d'un bijou qui a peut-être, un jour, voyagé dans le baluchon d'une dellala, prenez-en soin : il porte une histoire. Et si vous cherchez une pièce appelée à circuler à son tour dans la famille, la Majdoule Sahra Maghribiya en Or 18K, à partir de 2 590 DH, reprend la maille majdoule traditionnelle, tressée à la main. Toute la collection Or 18K d'Azor est poinçonnée, et l'atelier de Casablanca peut répondre à vos questions sur un bijou de famille ou un projet sur-mesure : il suffit de passer par le bouton WhatsApp de l'atelier.

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