Voici un fait étonnant : la bague que vous portez a très probablement existé d'abord sous la forme d'un petit objet de cire, si fragile qu'un ongle aurait pu le rayer. Puis cette cire a disparu, littéralement fondue, pour laisser sa place à l'or. Cette technique s'appelle la fonte à cire perdue. Elle est pratiquée depuis plusieurs millénaires, et c'est toujours elle qui donne naissance à une grande partie des bijoux en or aujourd'hui.
Une technique très ancienne
Des objets en métal coulés selon ce principe ont été retrouvés dans plusieurs civilisations de l'Antiquité, du Proche-Orient à l'Asie du Sud, et plus tard en Afrique, en Europe et dans les Amériques. Les bronzes du royaume de Bénin, les statuettes antiques et de nombreux bijoux anciens ont été réalisés de cette façon. Le principe n'a presque pas changé : seuls les outils ont évolué.
Les étapes, une par une
1. Le modèle
Tout commence par un modèle exact du futur bijou. Traditionnellement, l'artisan le sculpte à la main dans une cire spéciale, dure et précise. Aujourd'hui, le modèle peut aussi être dessiné en conception assistée par ordinateur, puis imprimé en 3D dans une résine qui se comporte comme de la cire.
2. L'arbre
Le modèle est fixé sur une tige de cire, souvent avec d'autres pièces, formant un petit « arbre ». Les tiges serviront de canaux pour le métal en fusion.
3. Le moule
L'arbre est placé dans un cylindre, puis noyé dans un plâtre réfractaire très fin, qui épouse le moindre détail.
4. La cire « perdue »
Le cylindre passe au four. La cire fond, s'écoule et brûle entièrement : elle est « perdue ». Il reste dans le plâtre une empreinte creuse, en négatif, du bijou.
5. La coulée
L'or 18 carats, fondu à haute température, est coulé dans le moule, souvent à l'aide d'une machine qui l'aspire ou le projette pour remplir les moindres recoins.
6. Le démoulage
Après refroidissement, on casse le plâtre : le bijou apparaît, brut, encore attaché à sa tige. Le moule est détruit, ce qui fait de chaque coulée un moment unique.
7. Les finitions
C'est là que commence un long travail de main : couper les tiges, limer, poncer, souder les éléments, sertir les pierres, polir. Une pièce coulée n'est jamais « terminée » à la sortie du moule.
Machine ou main ?
L'arrivée de l'impression 3D a fait craindre la fin du travail artisanal. En réalité, elle a surtout changé la première étape. Le dessin demande toujours un œil de créateur, et les finitions restent un travail de patience. La conception numérique permet en revanche de montrer au client un aperçu précis avant fabrication, ce qui est précieux pour le sur-mesure.
Les bijoux nés de la cire
Les volumes sculptés, les formes organiques et les détails fins sont particulièrement bien servis par la fonte. Pour voir ce que donne l'or une fois coulé, poli et serti, regardez par exemple la Bague Qatra en Or 18K, dont le nom signifie « goutte » en arabe, ou la Bague Waves en Or 18K.
Vos questions, nos réponses
Tous les bijoux sont-ils fabriqués par fonte à cire perdue ?
Non. Les chaînes sont souvent réalisées à partir de fil d'or, certaines pièces sont estampées ou construites à la main à partir de plaques et de fils soudés. La fonte est idéale pour les volumes et les formes complexes.
La fonte permet-elle de reproduire un bijou de famille ?
Oui, à partir d'un moule ou d'une modélisation, on peut recréer une forme existante. C'est utile pour compléter une paire de boucles ou reproduire une pièce perdue.
Le moule peut-il resservir ?
Le moule en plâtre est détruit à chaque coulée. Pour produire plusieurs exemplaires, on fabrique d'abord un moule en caoutchouc qui permet de couler de nouvelles cires.
Le mot de l'atelier
Derrière chaque bijou, il y a une cire qui a disparu pour que l'or prenne sa place. Pour imaginer une pièce unique, de l'esquisse à la coulée, découvrez notre collection de bagues et écrivez à notre atelier de Casablanca sur WhatsApp.

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