Elle pèse 6,4 kilos, mesure environ 24 centimètres de diamètre, et a été estimée à plusieurs dizaines de millions de dollars. On l'appelle « perle de Lao Tseu », ou « perle d'Allah ». Sa légende parle d'un sage chinois, d'une amulette de jade, d'un chef de tribu et d'un enfant sauvé de la malaria. Le problème ? Une bonne partie de cette histoire a été inventée. Démêlons le vrai du faux, et voyons ce que cette perle hors norme nous apprend sur les perles que l'on porte.
Mythe : « C'est une perle comme celles des bijoux, en beaucoup plus grande »
Réalité : c'est une perle, mais pas du même type. La perle de Lao Tseu provient d'un bénitier géant, un grand coquillage du genre Tridacna. C'est une perle dite non nacrée : elle n'a pas cet éclat irisé, ce reflet profond que l'on appelle l'orient, et qui fait la beauté des perles d'huîtres perlières ou de moules d'eau douce. Sa surface rappelle davantage la porcelaine.
Les grandes instances de gemmologie, comme le GIA et la CIBJO, utilisent aujourd'hui le terme « perle », ou « perle non nacrée » quand il faut préciser. C'est donc bien une perle, mais pas celle que l'on imagine en pensant à un collier.
Mythe : « Elle a été trouvée dans un trésor chinois »
Réalité : elle vient des Philippines. Selon le récit de celui qui l'a rendue célèbre, l'Américain Wilburn Dowell Cobb, elle aurait été trouvée par un plongeur philippin dans la mer de Palawan, vers Brooke's Point. Cobb dit en avoir entendu parler en 1934 et l'a rapportée des Philippines en 1939. Il l'a conservée jusqu'à sa mort, en 1979.
Mythe : « Le nom de « perle d'Allah » vient d'une tradition ancienne »
Réalité : il vient d'un article de Cobb lui-même. En 1939, dans la revue Natural History, il raconte qu'un chef de tribu musulman, qui considérait la perle comme sacrée, aurait refusé de la vendre, avant de la lui offrir en 1936 pour le remercier d'avoir soigné son fils atteint de malaria. C'est de ce récit, invérifiable, qu'est né le surnom « perle d'Allah ». Rien ne permet d'affirmer qu'il existait avant lui.
Mythe : « Elle a appartenu à Lao Tseu »
Réalité : c'est une légende tardive. En 1969, trente ans après son premier récit, Cobb publie une tout autre version dans le bulletin de l'association Mensa : la perle serait liée à un disciple de Lao Tseu, à un certain Lee et à une amulette de jade. Cette histoire n'est connue que par les affirmations de Cobb et de l'un des acquéreurs suivants, Victor Barbish. Aucune source indépendante ne l'appuie.
Mythe : « Elle vaut 93 millions de dollars »
Réalité : c'est une estimation, pas un prix. Après la mort de Cobb, Peter Hoffman et Victor Barbish l'ont achetée à sa succession pour 200 000 dollars. Elle a ensuite fait l'objet d'estimations très variables : 42 millions, 60 millions, puis 93 millions de dollars en 2007 selon les experts sollicités. Mais elle n'a jamais été revendue à ces montants, et elle a surtout connu une longue série de procédures judiciaires entre ses copropriétaires. Une estimation spectaculaire ne dit pas ce qu'un acheteur serait réellement prêt à payer.
Mythe : « C'est la plus grosse perle du monde »
Réalité : elle a longtemps été présentée ainsi, mais ce n'est plus si simple. En 2016, une perle de bénitier d'environ 34 kilos, conservée pendant une dizaine d'années par un pêcheur, a été rendue publique à Puerto Princesa, sur l'île de Palawan, et présentée par la presse comme potentiellement la plus grande au monde. Comme la perle de Lao Tseu, il s'agit d'une perle non nacrée.
Ce que cette histoire nous apprend sur les perles que l'on porte
Nacrée ou non nacrée : la vraie différence
Une perle nacrée est formée de fines couches de nacre superposées, la même matière qui tapisse l'intérieur de certains coquillages. C'est cette structure en couches qui accroche la lumière et crée l'orient, ce lustre doux et changeant que l'on aime tant sur un collier ou une boucle d'oreille.
Une perle non nacrée se forme dans d'autres mollusques, comme le bénitier. Elle peut être rare, spectaculaire, voire énorme, mais elle n'a pas cet éclat irisé. Plus grosse ne veut donc pas dire plus belle : en joaillerie, c'est l'orient qui fait la valeur d'une perle portée.
La nacre, la même lumière en version sculptée
La nacre, travaillée en plaques, en pétales ou en médaillons, offre ce même reflet chatoyant que les perles nacrées. C'est toute l'idée de la collection Éclat de Nacre, qui associe l'or 18 carats à la douceur irisée de cette matière.
Le classique indémodable
Et pour celles qui préfèrent une perle unique, discrète et lumineuse, la Boucle Clou d'Oreille Perle en Or 18K, à partir de 1 399 DH, reste un essentiel que l'on porte du quotidien aux grandes occasions.
Le mot de l'atelier
La perle de Lao Tseu est fascinante, mais sa plus belle leçon est simple : une belle histoire ne remplace jamais ce que l'on voit et ce que l'on peut vérifier. Vous voulez en savoir plus sur une perle, ou créer une pièce qui mêle or et nacre ? Écrivez à l'atelier de Casablanca via le bouton WhatsApp.

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