La vallée du M'zab et Ghardaïa : 7 choses à savoir sur les cités amazighes du désert qui ont inspiré Le Corbusier

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Au Maroc, chacun connaît « le Soussi du quartier », l'épicier venu du Souss qui tient boutique dans toutes les villes du royaume. En Algérie, on parle depuis longtemps, avec le même mélange de respect et d'affection, du commerçant mozabite. Lui aussi vient d'une région amazighe, lui aussi a bâti sa réputation sur le sérieux et la solidarité familiale. Sa terre d'origine, à environ 600 km au sud d'Alger, est l'un des paysages les plus singuliers du monde amazigh : la vallée du M'zab. Voici sept choses à savoir sur elle.

1. Une pentapole née au XIe siècle

La vallée de l'oued M'zab abrite cinq ksour, des cités fortifiées bâties sur des collines : El Atteuf, Bounoura, Melika, Beni Isguen et Ghardaïa, la plus grande. Selon l'UNESCO, elles ont été fondées entre 1012 et 1350. D'autres cités mozabites, comme Guerrara et Berriane, ont été créées plus tard, hors de la vallée principale.

2. Un patrimoine mondial depuis 1982

La vallée du M'zab est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1982. L'organisation y salue un habitat traditionnel resté vivant, parfaitement adapté à un environnement extrême, et une organisation de l'espace pensée pour la vie communautaire.

3. Une architecture qui a inspiré les modernes

Maisons cubiques blanches, ocre ou bleutées, ruelles en pente, minaret pyramidal au sommet de chaque cité : la ville mozabite est d'une sobriété saisissante. L'UNESCO rappelle que ce modèle a influencé des architectes du XXe siècle, de Le Corbusier à Fernand Pouillon et André Ravereau. On évoque souvent, par exemple, la parenté entre les formes organiques des mosquées du M'zab et certaines œuvres tardives de Le Corbusier ; c'est une piste discutée par les historiens de l'architecture, plus qu'une filiation démontrée pièce par pièce.

4. Une langue amazighe : la tumzabt

Les Mozabites parlent la tumzabt (ou mozabite), une langue amazighe du groupe zénète, apparentée aux parlers d'autres oasis du Sahara septentrional. Comme le tachelhit, le tarifit ou le tamazight du Centre au Maroc, elle partage avec les autres langues amazighes un vocabulaire de base et une grammaire commune, à commencer par le mot aman, l'eau. Un Soussi et un Mozabite ne se comprennent pas toujours spontanément, mais ils reconnaissent vite un air de famille.

5. Une communauté ibadite

Les Mozabites sont pour la plupart de confession ibadite, une branche de l'islam distincte du sunnisme et du chiisme, présente aussi à Oman, à Djerba en Tunisie et dans le djebel Nefoussa en Libye. Leurs ancêtres se sont installés dans la vallée après la chute du royaume rostémide de Tahert, fondé au VIIIe siècle. Cette histoire explique une organisation sociale très structurée, avec ses conseils religieux et ses règles communautaires.

6. L'eau, une affaire collective

Dans cette vallée où il pleut très peu, la vie dépend des puits, des palmeraies et d'un système ingénieux de partage des crues de l'oued, rares mais parfois violentes. Barrages, canaux et règles de répartition sont gérés collectivement depuis des siècles. On pense aux khettaras du Tafilalet ou à la tiwizi des villages de l'Atlas : partout dans le monde amazigh, l'eau se partage.

7. Des traditions vestimentaires très visibles

Dans les ksour, beaucoup de femmes mariées portent encore le haïk blanc traditionnel, qui couvre la silhouette et ne laisse parfois apparaître qu'un œil. Les hommes portent souvent le serouel bouffant et la petite calotte blanche. Ces codes, très photographiés, ne doivent pas faire oublier qu'il s'agit d'une société bien vivante, commerçante, connectée, qui a aussi ses universitaires et ses entrepreneurs. Le marché à la criée de Beni Isguen, où l'on vend aux enchères tapis, objets et bijoux, reste l'une des scènes les plus célèbres de la vallée.

Ce que le M'zab nous inspire

Ce qui frappe au M'zab, c'est la puissance de la simplicité : des volumes nets, des lignes claires, une géométrie au service de la vie. C'est aussi ce que l'on retrouve dans l'art amazigh, du Rif au Hoggar. Le Collier Harmonie Tribale en Or 18K (à partir de 11999 DH) joue sur cette géométrie rythmée, tandis que les Boucles Triangle d'Or en Or 18K (à partir de 3990 DH) reprennent la forme la plus élémentaire, et la plus forte, de l'ornement amazigh.

En résumé

  • Cinq ksour fondés entre 1012 et 1350, inscrits à l'UNESCO en 1982.
  • Une langue amazighe vivante, la tumzabt.
  • Une communauté majoritairement ibadite, héritière de Tahert.
  • Une architecture qui a marqué les architectes modernes.

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