Promenez-vous dans les ruelles des dinandiers à Fès, et vous l'entendrez avant de le voir : un tintement régulier, tap-tap-tap, presque musical. Assis devant un plateau de cuivre, un artisan fait avancer un petit cisêu d'acier à coups de marteau, millimètre par millimètre. Il ne dessine pas : il grave. C'est le nqich, et l'homme qui le pratique est le naqqach.
Le nqich, un mot pour plusieurs gestes
En darija, « nqich » désigne d'une façon générale le décor gravé ou ciselé, sur le métal comme sur le plâtre ou le bois. Pour le métal, il recouvre en réalité plusieurs techniques que les orfèvres distinguent bien.
La gravure au burin
Le burin est une petite tige d'acier à la pointe biseautée, emmanchée dans une poignée arrondie qui tient dans la paume. Le graveur le pousse sur le métal et enlève un fin copeau à chaque passage. Le trait obtenu est net et brillant, et accroche la lumière. C'est la technique des inscriptions, des prénoms, des motifs fins sur les bagues et les médailles.
La ciselure
Ici, on n'enlève pas de métal : on le déplace. Le ciseleur frappe avec un petit marteau sur des ciselets aux pointes variées (lignes, points, cercles) pour creuser, repousser ou texturer la surface. C'est la technique de beaucoup de plateaux, de lanternes et de bijoux traditionnels en argent, où les motifs semblent sculptés dans le métal.
Le repoussé
Variante de la ciselure : le métal est travaillé par l'envers pour faire apparaître un relief sur l'endroit. Certaines grandes plaques de parures en sont ornées.
Les motifs du nqich
- Les motifs géométriques : losanges, triangles, chevrons, damiers, très présents dans l'orfèvrerie amazighe.
- Les motifs végétaux : rinceaux, fleurs, palmettes, hérités de l'art hispano-mauresque.
- Les inscriptions : calligraphies, invocations, dates, noms.
- Les petits cercles pointés, frappés au poinçon, qui rythment de nombreuses pièces anciennes.
Comment reconnaître un bijou gravé à la main
- Les traits ne sont jamais parfaitement identiques : de légères variations trahissent la main.
- Le fond des traits brille : un trait au burin a des parois lisses et nettes.
- Les motifs s'adaptent à la forme : sur une pièce bombée, le graveur ajuste son dessin.
Aujourd'hui, la gravure laser permet des inscriptions très fines et régulières, parfaites pour un prénom ou une date. Les deux techniques coexistent : la machine pour la précision, la main pour le caractère.
Le nqich chez Azor
Nous aimons les bijoux qui portent la trace du geste. Le Collier Amazigh Gravé en Or 18K traduit cette tradition du décor gravé dans un pendentif contemporain. La Bague Triangle d'Amazigh reprend la géométrie des motifs berbères, et le Collier Tatouage s'inspire des signes que les femmes amazighes portaient sur la peau.
Vos questions, nos réponses
La gravure laser est-elle moins noble que la gravure à la main ?
Pas moins noble, différente. Le laser excelle pour les inscriptions fines et régulières ; la main apporte du relief et du caractère. Les ateliers combinent souvent les deux.
Peut-on graver n'importe quel bijou ?
Il faut assez de surface et d'épaisseur de métal. Une chaîne très fine ou un anneau mince limitent les possibilités ; l'atelier vous dira ce qui est réalisable.
Une gravure s'efface-t-elle avec le temps ?
Une gravure profonde dure très longtemps, mais les frottements quotidiens peuvent l'adoucir sur des décennies. Une gravure à l'intérieur d'un anneau est la mieux protégée.
Le mot de l'atelier
Un bijou gravé se lit autant qu'il se regarde. Pour graver un prénom, une date ou un motif qui vous parle, découvrez notre collection Amazigh et écrivez à notre atelier de Casablanca sur WhatsApp.

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