L'écriture maghribi : la calligraphie arabe née au Maghreb et en al-Andalus, et le petit détail qui la trahit

Collier Ommi en or 18K, calligraphie arabe, Azor

Ouvrez un manuscrit ancien dans une bibliothèque de Fès ou de Marrakech, et faites un petit test. Cherchez la lettre fāʾ (ف). Si son point est placé en dessous de la lettre, et non au-dessus, vous avez sous les yeux de l'écriture maghribi. Cherchez ensuite le qāf (ق) : au lieu de ses deux points habituels, il n'en a qu'un, au-dessus. Ces détails, invisibles pour la plupart des lecteurs d'aujourd'hui, sont la signature d'une calligraphie née chez nous, dans l'Occident musulman.

Une écriture de l'Occident musulman

L'écriture maghribi s'est développée en Afrique du Nord et en al-Andalus à partir des premiers siècles de l'islam, en dérivant des formes anciennes de l'écriture arabe, dont le coufique. Pendant que l'Orient musulman codifiait ses propres styles (naskh, thuluth…), le Maghreb et l'Andalousie suivaient leur propre voie. Le résultat : une écriture reconnaissable entre toutes, utilisée pendant des siècles pour copier le Coran, les ouvrages savants, la poésie et les actes officiels, de Kairouan à Tombouctou en passant par Fès et Cordoue.

Comment la reconnaître

  • Le point du fāʾ en dessous, et le qāf avec un seul point au-dessus.
  • Des courbes amples et arrondies, notamment les lettres finales qui plongent en grandes boucles sous la ligne.
  • Un trait d'épaisseur assez régulière, souvent tracé avec un calame taillé différemment de celui de l'Orient.
  • Une grande liberté de rythme, qui donne aux pages une allure vivante, presque musicale.

Plusieurs styles maghribi

Comme toute grande tradition calligraphique, le maghribi s'est diversifié. On distingue notamment :

  • le mabsut, écrit « étalé », régulier, souvent utilisé pour copier le Coran ;
  • le mujawhar, plus serré et rapide, longtemps utilisé dans les chancelleries et les documents officiels ;
  • le musnad, une forme cursive plus usuelle, celle des actes notariés ;
  • des variantes décoratives inspirées du thuluth ou du coufique, visibles sur les monuments.

Une tradition toujours vivante

Si l'école et l'imprimerie ont largement diffusé d'autres styles d'écriture, la calligraphie maghribi n'a pas disparu : des calligraphes marocains la pratiquent et l'enseignent encore, et on la retrouve dans les inscriptions de monuments, sur des manuscrits précieusement conservés et dans des œuvres d'art contemporaines. Elle fait partie de ce patrimoine qui distingue le Maroc dans le monde arabe.

De la page au bijou

La calligraphie arabe, sous toutes ses formes, est devenue l'une des grandes sources d'inspiration de la bijouterie marocaine. Un mot, une invocation, un prénom, découpés dans l'or, deviennent à la fois texte et motif. Le Collier Ommi en or 18K trace ainsi « ma mère » en calligraphie arabe ciselée. Le Collier Abi découpe « mon père » dans un pendentif en losange effilé. Et pour un style plus géométrique, notre article consacré à l'écriture coufique vous présente une autre grande famille calligraphique.

Choisir une calligraphie pour un bijou

  1. Pensez à la lisibilité : certaines calligraphies très ornées deviennent difficiles à lire en petit format.
  2. Vérifiez l'orthographe avec un arabophone, surtout pour un prénom ou une invocation.
  3. Respectez le sens : pour un texte religieux, faites vérifier le texte avant fabrication.
  4. Choisissez le style selon la personne : fluide et doux, ou géométrique et moderne.

Le mot de l'atelier

L'écriture est l'un des plus beaux ornements qui soient. Pour un prénom ou un mot en calligraphie arabe, découvrez notre collection Personnalisé, et écrivez à notre atelier de Casablanca sur WhatsApp pour échanger sur le style qui vous ressemble.

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