Les premières pièces de monnaie de l'histoire, frappées en Lydie (dans l'actuelle Turquie) il y a plus de 2 500 ans, n'étaient pas en or jaune vif. Elles étaient taillées dans l'électrum, un alliage naturel d'or et d'argent à la teinte pâle, presque verdâtre. Preuve que l'or n'a jamais eu une seule couleur. Au-delà du trio jaune, blanc et rose que tout le monde connaît, l'or 18 carats se décline en nuances bien plus surprenantes. Voici les couleurs méconnues de l'or, et ce qui les fait naître.
Le principe : 75 % d'or, 25 % de liberté
Un bijou en or 18 carats contient 75 % d'or pur, soit 18 parts sur 24. Ce chiffre ne change jamais, quelle que soit la couleur. Ce sont les 25 % restants, les métaux d'alliage, qui décident de la teinte finale : l'argent tire vers le vert pâle, le cuivre vers le rouge, le palladium vers le blanc grisé. Un or vert, un or rouge ou un or gris sont donc tout aussi « 18 carats » qu'un or jaune classique.
1. L'or jaune, la référence
Commençons par le classique, pour mieux comprendre les autres. L'or jaune 18K associe généralement l'or à un mélange d'argent et de cuivre en proportions voisines. Cet équilibre préserve la chaleur naturelle du métal, tout en lui donnant la solidité nécessaire pour être porté. C'est la couleur star de cet automne-hiver, portée par la tendance de l'or jaune chaud et généreux.
2. L'or vert : quand l'argent prend le dessus
Retirez le cuivre et remplacez-le uniquement par de l'argent : vous obtenez l'or vert. Ne vous attendez pas à un vert émeraude ! Il s'agit d'un jaune pâle, légèrement acidulé, aux reflets vert tendre, comme une feuille de printemps à contre-jour. L'héritier direct de l'électrum antique, en somme. Les joailliers l'utilisent surtout en touches, pour des feuillages, des tiges ou des détails, en contraste avec un or jaune ou rose. Plus subtil que spectaculaire, il ravit celles qui aiment les nuances discrètes.
3. L'or rouge : la version intense de l'or rose
Plus on augmente la part de cuivre dans l'alliage, plus l'or se réchauffe : jaune, puis rose, puis rouge. Dans un or rouge 18K, les 25 % d'alliage peuvent être constitués entièrement, ou presque, de cuivre. Sa teinte cuivrée profonde se marie magnifiquement avec les peaux mates et les couleurs d'automne : bordeaux, camel, chocolat. Petit avantage technique : le cuivre rend l'alliage un peu plus dur. En contrepartie, un or très riche en cuivre peut être légèrement moins facile à travailler pour l'artisan.
4. L'or rose, entre les deux
L'or rose est un intermédiaire : beaucoup de cuivre, un peu d'argent. Selon les dosages, il va du rose poudré au rose soutenu, et chaque atelier a sa propre recette. C'est pourquoi deux bijoux en « or rose » de maisons différentes n'ont pas toujours exactement la même teinte.
5. L'or gris : le blanc naturel, sans retouche
Le terme « or gris » est employé de façon variable selon les bijoutiers et les époques. Historiquement, il désignait des alliages d'or contenant du fer, à la teinte gris acier. Aujourd'hui, on l'utilise souvent pour parler d'un or blanc allié au palladium et laissé tel quel, sans couche de rhodium : sa couleur est alors un gris clair, doux et légèrement chaud, très élégant sur des créations au style minimaliste. Si un bijou est vendu comme « or gris », n'hésitez pas à demander sa composition exacte.
6. L'or blanc et le secret du rhodium
Il n'existe pas d'or naturellement « blanc comme le platine ». L'or blanc 18K est obtenu en alliant l'or à des métaux blanchissants, le plus souvent le palladium ou, dans certains alliages, le nickel, aujourd'hui évité en raison des allergies. Le résultat reste légèrement teinté. Pour obtenir ce blanc lumineux typique des bagues de fiançailles, on recouvre ensuite le bijou d'une fine pellicule de rhodium, un métal de la famille du platine. Avec le temps, ce rhodiage s'use et peut être refait. Nous y avons consacré un article entier ; ici, retenez simplement que l'or blanc est souvent un « or gris » habillé de lumière.
7. Les curiosités de laboratoire : or bleu, or violet, or noir
Pour finir, quelques raretés que vous croiserez peu en bijouterie, et qui ne correspondent d'ailleurs pas toutes au titre de 18 carats :
- L'or violet : un composé d'or et d'aluminium à la teinte pourpre surprenante. Très cassant, il ne se façonne pas comme un or classique et sert surtout à de petits éléments décoratifs.
- L'or bleu : obtenu avec certains métaux comme l'indium, ou par traitement de surface, il reste une curiosité de laboratoire et d'expérimentation.
- L'or noir : il s'agit presque toujours d'un traitement de surface (oxydation, dépôt de rhodium noir…) et non d'un alliage noir dans la masse.
Ces couleurs fascinent, mais elles sont plus difficiles à porter au quotidien : demandez toujours comment elles vieillissent avant de craquer.
Quelle couleur pour vous ?
- Vous aimez la chaleur et les bijoux qui se voient : or jaune ou or rouge.
- Vous cherchez la douceur et la féminité : or rose.
- Vous rêvez d'une nuance que personne n'a : or vert, en détail ou en contraste.
- Vous portez surtout de l'argent et des tons froids : or blanc ou or gris.
Pour une bague qui joue sur la chaleur de l'or, découvrez par exemple la Bague Nour en Or 18K, ou parcourez l'ensemble de notre collection en or 18K.
Et si votre couleur n'existe pas encore ?
Toutes les teintes ne sont pas réalisables pour tous les modèles, et certaines demandent un savoir-faire particulier. Si vous avez en tête une nuance précise, ou l'envie de mêler deux ors sur un même bijou, parlez-en à notre atelier de Casablanca : écrivez-nous sur WhatsApp, et nous vous dirons honnêtement ce qui est possible. Pour vous inspirer, explorez aussi notre collection personnalisée, où chaque bijou commence par une conversation.

0 comments