La parure de la mariée amazighe : argent, corail, ambre et coiffes, ce qu'elle portait et pourquoi

Ensemble Tanirt 3 pièces en or 18 carats, collier, gourmette et boucles inspirés de la parure amazighe, Azor Jewelry

Chaque année, à la fin de l'été, le moussem d'Imilchil, dans le Haut Atlas, attire les regards. Des couples Aït Haddidou en costume de fête viennent y officialiser leur union, et l'on photographie volontiers les jeunes femmes, drapées de capes rayées, cliquetantes d'argent. Ces images ont fait le tour du monde. Mais derrière la carte postale se cache un système très codifié : chez les Amazighs, la parure de la mariée n'était jamais un simple ornement.

Une parure qui dit qui l'on est

Le Musée Pierre Bergé des arts berbères, à Marrakech, résume bien les rôles du bijou traditionnel : il exprime l'identité tribale et le statut social de la femme qui le porte, il constitue une forme d'épargne mobilisable selon les aléas d'une société paysanne, et ses matières comme ses formes étaient traditionnellement considérées comme protectrices.

Le mariage était le moment où ces trois dimensions se rejoignaient. Les bijoux offerts ou transmis à la mariée formaient une partie de son bien propre, et leur abondance disait aussi le rang de sa famille. Il faut toutefois rester prudent : d'une région à l'autre, et d'une époque à l'autre, la composition de la parure variait énormément. Il n'y a pas « une » mariée amazighe, mais des dizaines de traditions.

Les matières : pourquoi l'argent, le corail et l'ambre ?

L'argent, métal de la parure amazighe

Dans la plupart des régions rurales du Maroc, les bijoux traditionnels sont en argent, travaillé par des orfèvres souvent itinérants : moulage, ciselure, filigrane, émail, nielle, gravure, sertissage de cabochons de verre coloré. Tiznit, dans le Souss, est restée l'une des grandes capitales de cet art.

Le corail, rouge vif

Rouge et précieux, le corail est l'un des éléments phares des colliers festifs. Il est fréquemment associé à la vitalité et à la chance ; on lui prêtait traditionnellement un rôle protecteur.

L'ambre, chaud et lumineux

Les grosses perles d'ambre jaune ou orangé sont emblématiques de certaines parures, notamment dans le Sud. Nuance utile : beaucoup de perles anciennes vendues comme « ambre » sont en réalité du copal ou des résines d'imitation, ce qui n'enlève rien à leur valeur patrimoniale.

L'amazonite et le verre coloré

Le musée Pierre Bergé souligne que les colliers sont composés par les femmes elles-mêmes, qui associent selon un mode propre à leur région ambre, corail, amazonite et éléments d'argent. Chaque collier est donc une petite signature.

Les pièces de la parure

Les fibules et leur chaîne

Portées par paires sur les épaules, les fibules retiennent le drapé de tissu. Elles sont souvent reliées par une chaîne, parfois agrémentée d'une boîte ou de pendeloques. (Nous avons consacré un article entier à la tazerzit, la fibule du Souss.)

Les coiffes et diadèmes

La tête concentrait une grande partie de la parure. Dans le Souss, on connaît la tawnza (ou taounza), un ornement frontal en argent et émail porté lors des mariages et des fêtes. Le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme, à Paris, conserve une tasfift provenant de la région du Dadès : un bandeau de laine rouge orné d'éléments d'argent moulé, de pièces de monnaie, de plaquettes émaillées et de perles de couleur. Porté pour la première fois le jour du mariage, il devenait ensuite la coiffure des femmes juives mariées de la région. Un rappel précieux que, dans le Sud marocain, artisans et traditions juives et amazighes ont longtemps été mêlés.

Les colliers, bracelets et bagues

Colliers à plusieurs rangs, bracelets portés en nombre, bagues : la mariée en portait parfois beaucoup, et l'on imagine le bruit de l'argent à chaque pas.

La handira, cape de la mariée

Dans le Moyen Atlas, la handira, étoffe de laine tissée, souvent par la mariée elle-même ou par les femmes de sa famille, faisait partie du trousseau. Nouée autour du cou comme une cape, elle permettait de reconnaître la nouvelle mariée. Ses motifs, losanges ou zigzags, varient selon les tribus.

Et aujourd'hui ? La parure en version contemporaine

Rares sont les mariées qui portent encore la parure complète. Mais l'idée d'un ensemble cohérent, transmis et chargé de sens, reste très vivante dans les mariages marocains, que ce soit pour le dfou3 (les présents offerts à la mariée), la lebsa amazighe d'une soirée ou simplement comme bijou à garder.

C'est dans cet esprit que nous avons dessiné nos parures en or 18 carats :

L'or a remplacé l'argent, la géométrie s'est allégée, mais l'intention demeure : offrir à la mariée un ensemble qui lui appartient et qu'elle pourra transmettre.

Composer sa parure : quelques repères

  • Pensez à la tenue : un caftan brodé appelle souvent un ensemble plus sobre, une tenue amazighe peut accueillir plus de volume.
  • Choisissez une pièce maîtresse (le collier, en général) et accordez-lui le reste.
  • Imaginez l'après-mariage : un bon ensemble se décompose et se porte aussi pièce par pièce au quotidien.

Une mémoire à porter

La parure de la mariée amazighe nous rappelle qu'un bijou peut être à la fois beau, utile et porteur d'histoire. Découvrez toutes nos parures et ensembles, ou contactez l'atelier sur WhatsApp pour imaginer une parure sur-mesure inspirée des bijoux de votre région.

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