Regardez le fronton d'une mairie, un panneau d'aéroport ou l'enseigne d'une administration : à côté de l'arabe, vous y voyez de plus en plus souvent des lettres rondes, triangulaires ou en croix. C'est le tifinagh, l'alphabet de la langue amazighe. Derrière ce détail du quotidien, il y a un quart de siècle de décisions officielles. Dates clés, textes de loi, changements concrets : voici les réponses aux questions que l'on se pose le plus souvent sur le tamazight, langue officielle du Maroc.
Depuis quand le tamazight est-il langue officielle au Maroc ?
Depuis la Constitution de 2011. Son article 5 dispose que l'amazighe constitue également une langue officielle de l'État, en tant que patrimoine commun à tous les Marocains, aux côtés de l'arabe. Le même article prévoit qu'une loi organique fixe les étapes de cette officialisation et les modalités de son intégration dans l'enseignement et dans la vie publique.
Qu'est-ce que l'IRCAM, et pourquoi 2001 est-elle une date fondatrice ?
Le 17 octobre 2001, dans le discours d'Ajdir, le Roi Mohammed VI annonce la création de l'Institut Royal de la Culture Amazighe (IRCAM). L'institut est chargé de préserver et de promouvoir la langue et la culture amazighes : recherche, aménagement de la langue, outils pédagogiques, dictionnaires. C'est notamment dans ce cadre que le tifinagh a été retenu comme graphie de la langue enseignée. Le 17 octobre est depuis une date commémorée chaque année par les acteurs culturels amazighs.
Le tamazight est-il enseigné à l'école ?
Oui. Son enseignement a démarré dans les écoles primaires en septembre 2003, d'abord dans quelques centaines d'établissements. La généralisation a été plus lente que prévu, faute d'enseignants formés en nombre suffisant, mais le mouvement se poursuit : la loi organique de 2019 fait de l'apprentissage de l'amazighe un droit pour tous les Marocains, à introduire progressivement du préscolaire à la formation professionnelle.
Que dit la loi organique de 2019 ?
Il s'agit de la loi organique n° 26-16 « fixant le processus de mise en œuvre du caractère officiel de l'amazighe ». Adoptée par le Parlement au printemps et à l'été 2019, promulguée par dahir le 12 septembre 2019, elle a été publiée au Bulletin officiel le 26 septembre 2019. Elle organise l'usage de l'amazighe dans plusieurs domaines :
- l'enseignement, comme droit de chaque citoyen ;
- le Parlement et la publication des textes officiels ;
- les médias publics et privés ;
- la culture et la création artistique ;
- l'administration : carte d'identité, passeport, permis de conduire, acte de mariage, formulaires officiels ;
- la monnaie et les timbres : billets, pièces, timbres-poste, sceaux officiels ;
- la signalétique des bâtiments publics, des routes, des aéroports, des ports et des transports en commun ;
- la justice : un justiciable ou un témoin peut s'exprimer en amazighe, avec une traduction assurée gratuitement.
Tout cela s'applique-t-il déjà ?
Pas entièrement, et c'est normal : la loi a prévu un calendrier progressif. Selon les dispositions, la mise en œuvre doit intervenir dans un délai maximum de cinq, dix ou quinze ans après sa publication. Certaines mesures sont donc déjà visibles, comme la signalétique ou les médias, d'autres sont attendues dans les années à venir. Les associations amazighes suivent de près ce calendrier et rappellent régulièrement les retards.
Yennayer est-il vraiment un jour férié ?
Oui. Le 3 mai 2023, un communiqué du Cabinet royal a annoncé que le Nouvel An amazigh devenait un jour férié national officiel et payé, au même titre que le 1er Moharram et le Nouvel An grégorien. Il est fixé au 14 janvier, et a été chômé pour la première fois en janvier 2024. Notre article consacré à Yennayer détaille les traditions de cette fête ; retenons ici que cette décision a donné une visibilité nouvelle à une célébration longtemps restée familiale.
Concrètement, qu'est-ce que ça change au quotidien ?
Pour beaucoup de familles, le changement est d'abord symbolique : voir sa langue maternelle écrite sur un panneau, entendue au journal télévisé ou enseignée aux enfants, c'est une forme de reconnaissance. Dans les faits, on remarque surtout :
- le tifinagh sur les façades des ministères, des mairies, des gares et des aéroports ;
- progressivement, l'amazighe sur les documents officiels que la loi a listés, de la carte d'identité au passeport ;
- des chaînes et programmes en amazighe dans l'audiovisuel public ;
- un jour de congé supplémentaire chaque 14 janvier ;
- et un regain d'intérêt pour les prénoms amazighs et l'écriture tifinagh, jusque dans les bijoux.
Peut-on porter son prénom en tifinagh ?
Bien sûr, et c'est une très belle idée de cadeau. Le Collier Tifinagh Personnalisé en Or 18K est proposé à partir de 2 899 DH ; il existe aussi le Collier Tifinagh Personnalisé en Argent, à partir de 499 DH. Petit conseil avant de commander : le tifinagh note les sons de la langue, pas l'orthographe française ou arabe. Un même prénom peut donc s'écrire de plusieurs façons selon sa prononciation. Envoyez-nous le prénom tel qu'on le prononce dans la famille, et nous vérifierons la transcription avec vous avant la fabrication.
Et pour aller plus loin ?
Le tamazight n'est pas une langue de musée : il se parle, s'écrit, se chante et se transmet. Porter un prénom ou un mot en tifinagh, c'est une manière discrète de dire d'où l'on vient, ou de rendre hommage à une grand-mère, à une région, à une langue. Découvrez notre collection Amazigh, ou écrivez à notre atelier de Casablanca sur WhatsApp pour une gravure sur-mesure : un mot, une date, un prénom, que nous traçons avec vous lettre par lettre.

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