On la voit aujourd'hui en pendentif, en motif graphique, parfois même en tatouage. Mais à l'origine, la fibule amazighe avait une mission très concrète : tenir les vêtements. Et cette fonction remonte loin, très loin : les premières fibules en métal d'Afrique du Nord sont attestées dès l'âge du bronze, notamment dans le dolmen de Béni Messous, près d'Alger. Avant elles, les habitants du Maghreb préhistorique utilisaient déjà des épingles en os.
Bijou utile devenu bijou emblématique, la fibule raconte à elle seule une grande partie de l'histoire des femmes amazighes. Une histoire qui nous inspire chaque jour à l'atelier.
Un bijou, plusieurs noms
Selon les régions, la fibule porte des noms différents, signe de sa diffusion dans tout le monde amazigh :
- Tiseghnest (pluriel tiseghnas) dans une grande partie du Maroc ;
- Tazerzit (pluriel tizerzay), notamment dans le Souss ;
- Afzim ou tafzimt en Kabylie ;
- Bzima ou khellala en arabe maghrébin.
Le mot français « fibule » vient, lui, du latin fibula, l'agrafe.
Comment portait-on la fibule ?
La plupart des fibules berbères étaient portées par paires, une sur chaque épaule, pour retenir la grande pièce de tissu drapée qui servait de vêtement. Les deux fibules étaient souvent reliées par une chaîne, parfois agrémentée d'un élément central décoratif, qui retombait sur la poitrine. On en trouvait aussi dans les cheveux ou sur la coiffe.
Les formes varient : fibules annulaires ouvertes, fibules à grand plateau triangulaire, typiques de l'Anti-Atlas et du Souss… Chaque région, et parfois chaque village, avait ses décors propres.
L'argent, métal de cœur des bijoux amazighs
Les fibules traditionnelles sont majoritairement en argent, métal maître de l'orfèvrerie berbère, notamment en milieu rural : accessible, solide, lumineux. Les artisans l'enrichissaient de gravures, de filigrane, d'émail, de corail rouge, de perles de verre ou d'ambre. La région de Tiznit, dans le Souss, est particulièrement réputée pour ses bijoux en argent travaillés en filigrane, gravés et émaillés.
Bien plus qu'un accessoire
Les historiens et ethnologues ont identifié de multiples rôles à la fibule, bien au-delà de l'ornement :
- Un marqueur d'identité : le décor renseignait sur la région, la tribu, parfois le statut de celle qui la portait ;
- Un pilier du mariage : la fibule figurait parmi les bijoux centraux remis lors du mariage. Chez les Ntifa, par exemple, les fibules de la dot étaient même inventoriées selon leur poids ;
- Une épargne : un bijou en argent constituait une réserve de valeur qu'on pouvait mobiliser en cas de besoin ;
- Un héritage : transmise de mère en fille, la fibule reliait les générations.
Des symboles à lire avec nuance
On associe souvent aux motifs amazighs des significations fortes : le triangle, l'une des formes les plus anciennes de cette iconographie, est fréquemment lié à la féminité et à la fertilité ; le corail rouge et certains motifs, comme l'œil ou la main, à la protection contre le mauvais œil. Ces lectures appartiennent aux croyances et traditions populaires, et elles varient d'une région à l'autre. Dès 1920, l'ethnologue Émile Laoust observait d'ailleurs que la fibule avait en grande partie perdu sa fonction magico-religieuse d'autrefois. Ce qui reste intact, c'est sa force identitaire et esthétique.
De la fibule aux bijoux d'aujourd'hui
Depuis que la langue amazighe est devenue langue officielle du Maroc avec la Constitution de 2011, et que Yennayer, le Nouvel An amazigh célébré le 14 janvier, est devenu un jour férié en 2024, l'intérêt pour ce patrimoine ne cesse de grandir. De plus en plus de femmes et d'hommes veulent porter un bijou qui dit d'où ils viennent.
C'est le cœur de notre collection Amazigh. Le collier Tifinagh personnalisé en or 18 carats grave votre prénom dans l'alphabet tifinagh, avec un charm inspiré de la fibule ; il existe aussi en argent massif, clin d'œil au métal des bijoux d'antan. Les boucles Tazrzit en or 18 carats portent le nom de la fibule et reprennent le motif de la flèche amazighe dans un dessin ajouré. Et la bague Triangle d'Amazigh fait du triangle ancestral une ligne franche et moderne.
Transmettre, autrement
Nos grands-mères portaient la fibule sur les épaules ; nous la portons au cou, aux oreilles, au doigt. La forme change, le lien demeure. À l'approche de Yennayer, un bijou amazigh est aussi une jolie façon de célébrer ses racines, ou celles de quelqu'un qu'on aime.
Vous avez une fibule de famille et rêvez d'une création qui s'en inspire ? Envoyez-nous une photo sur WhatsApp : notre atelier de Casablanca étudiera avec vous un projet sur-mesure.

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