Saviez-vous que la fille de Cléopâtre, la célèbre reine d'Égypte, a régné sur une terre qui correspond en partie au Maroc d'aujourd'hui ? Son nom était Cléopâtre Séléné, et son époux, Juba II, fut l'un des souverains les plus cultivés de l'Antiquité. Leur royaume s'appelait la Maurétanie. Et dans les plaines près de Meknès, les ruines de Volubilis gardent la trace de ce monde où l'on aimait déjà se parer.
La Maurétanie, un royaume amazigh antique
Bien avant l'arrivée de Rome, l'Afrique du Nord était le territoire de royaumes que les historiens appellent numides et maures. La Maurétanie occupait l'ouest de ce vaste ensemble, sur une partie de l'actuel Maroc et de l'ouest de l'Algérie. Ses habitants étaient les ancêtres des Imazighen d'aujourd'hui.
Volubilis, au pied du Zerhoun, en était l'une des villes importantes. Le site, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, est surtout connu pour ses vestiges d'époque romaine : arc, basilique, maisons aux sols couverts de mosaïques. Mais la ville existait avant Rome, et l'on y a retrouvé des traces d'occupation bien plus anciennes.
Juba II, le roi savant
Fils du roi numide Juba Iᵉʳ, vaincu par Jules César, le jeune Juba est emmené à Rome où il grandit et reçoit une éducation remarquable. Auguste lui confie ensuite le trône de Maurétanie, vers 25 avant notre ère. Juba II écrit des ouvrages, aujourd'hui en grande partie perdus, sur la géographie, l'histoire ou les arts, et s'intéresse aux richesses de son royaume.
Sa capitale principale se trouvait à Iol-Caesarea, l'actuelle Cherchell en Algérie. Le rôle exact de Volubilis sous son règne fait encore débat parmi les historiens : on évitera donc d'affirmer qu'elle était « sa » capitale. Ce qui est certain, c'est que l'un des plus beaux portraits connus du roi, un buste en bronze, a été découvert à Volubilis. Il compte aujourd'hui parmi les trésors des collections archéologiques marocaines.
Cléopâtre Séléné, la reine venue d'Égypte
Fille de Cléopâtre VII et de Marc Antoine, Cléopâtre Séléné perd ses parents enfant, après la défaite d'Actium. Elle est elle aussi élevée à Rome, avant d'épouser Juba II. Son surnom, Séléné, signifie « la Lune » en grec ; celui de son frère jumeau, Alexandre Hélios, signifie « le Soleil ».
Devenue reine de Maurétanie, elle apporte avec elle l'héritage culturel d'Alexandrie. Des monnaies frappées à son nom, en grec, ont été retrouvées : la preuve qu'elle n'était pas une simple épouse, mais une souveraine pleinement présente dans la vie du royaume. Leur fils, Ptolémée, régnera après eux, jusqu'à son exécution sur ordre de l'empereur Caligula, en 40 de notre ère. La Maurétanie devient ensuite une province romaine.
Que portait-on dans la Maurétanie antique ?
Il faut être honnête : on ne connaît pas en détail les bijoux personnels de Juba II ou de Cléopâtre Séléné. Les sources sont rares et les trésors royaux, s'ils ont existé, ne nous sont pas parvenus en entier. Mais l'archéologie et les portraits antiques permettent de se faire une idée de la parure de l'époque.
- Les fibules, ces épingles qui retenaient les vêtements drapés, se retrouvent sur de nombreux sites antiques. Elles annoncent, de loin, les tizerzai des parures amazighes.
- Les bagues, souvent ornées d'intailles, des pierres gravées qui servaient aussi de sceau.
- Les colliers et boucles d'oreilles, en or, en perles de verre ou en pierres, dont les portraits et les mosaïques gardent souvent la trace.
- Les diadèmes, symboles de royauté, que l'on voit sur les effigies des souverains hellénistiques et sur certaines monnaies.
De nombreux objets antiques issus des fouilles marocaines, dont des bronzes célèbres, sont conservés dans les musées du royaume, notamment à Rabat. En 2014, une grande exposition, « Splendeurs de Volubilis », a d'ailleurs présenté à Marseille des bronzes exceptionnels venus du site.
Un fil qui relie l'Antiquité aux bijoux d'aujourd'hui
Ce qui frappe, quand on regarde la Maurétanie antique, c'est le mélange : un royaume amazigh, un roi formé à Rome, une reine née dans la tradition grecque d'Égypte. Le Maroc a toujours été une terre de rencontres, et ses bijoux en témoignent. Les motifs gravés, les formes géométriques et les symboles transmis d'une génération à l'autre portent la mémoire de ces siècles.
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Visiter Volubilis : quelques repères
- Le site se trouve à une trentaine de kilomètres de Meknès, non loin de Moulay Idriss Zerhoun.
- Prévoyez de bonnes chaussures et un chapeau : le site est vaste et peu ombragé.
- Prenez le temps d'observer les mosaïques : on y voit des scènes mythologiques et des détails de la vie de l'époque.
- Complétez la visite par un passage dans un musée à Rabat pour voir les objets découverts.
Porter un peu de cette histoire
Juba II et Cléopâtre Séléné ont régné il y a plus de deux mille ans, mais leur histoire rappelle que le Maroc a toujours su conjuguer héritages et élégance. Si vous souhaitez un bijou qui raconte vos racines, gravé d'un symbole ou d'un prénom en tifinagh, notre atelier de Casablanca peut le créer avec vous en sur-mesure. Écrivez-nous sur WhatsApp, ou découvrez dès maintenant la collection Amazigh.

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